
La vache fait les trois-huit, dit-on couramment. Pas tout à fait exact, comme l’observent les spécialistes du comportement animal de l’Institut de Beauvais, de Lille et l’équipe Case (comportement animal et systèmes d’élevage). En conditions optimales, les vaches passent la majorité de leur journée en logette – presque 14 heures par jour – dont 11 heures en position couchée. Autant dire que le confort ou l’inconfort de la zone de couchage va avoir des conséquences évidentes sur la production de l’animal.
Petites et grosses dormeuses
Lors d’une étude sur les facteurs influençant le comportement de couchage des vaches laitières en logettes, les ingénieurs ont observé que chaque vache visite en moyenne 7 logettes différentes par jour. Elle y reste en moyenne plus de deux heures. Avec des nuances selon les logettes : celles qui sont près d’un mur sont nettement moins occupées.
En observant un troupeau, il apparaît qu’il existe plusieurs catégories de vaches. Les vaches en forme qui passent entre 12 et 15 heures par jour dans 7 logettes en moyenne. D’autres moins toniques visitent 6 logettes par 24 heures et y restent 3 heures en moyenne. « Ces vaches sont plus souvent boiteuses. Elles réduisent les déplacements et se couchent dans les logettes les plus proches de l’entrée de l’aire de repos ». À l’opposé, on recense des vaches qui passent peu de temps en logettes : moins de 12 heures par jour.
Cette étude rejoint d’autres observations qui démontrent que les surfaces de repos aménagées pour les vaches constituent l'un des plus importants facteurs de conception d'un bâtiment. « D'abord et avant tout, les conditions de logement ne devraient pas provoquer de blessures ni compromettre le santé des vaches », rappelle Comité de chercheurs responsables du Code de pratiques des bovins laitiers au Canada. Qui ajoute : « Bien que cela paraisse évident, il arrive trop souvent que la conception inadaptée des stalles entraîne l'apparition de problèmes de santé qui pourraient être évités ».
Le confort fait la différence
Par ailleurs, plusieurs études ont montré que « les vaches qui ont accès à une surface couverte de tapis (et d'une mince couche de litière) souffrent de lésions aux jarrets beaucoup plus sévères que les vaches qui ont accès à une litière de bonne épaisseur ».
Sans conteste, les vaches ont une nette préférence pour les surfaces de repos offrant une litière profonde. « Elles passent plus de temps allongées dans les stalles bien garnies de litière ». Des études ont permis d'évaluer l'effet de la quantité de litière sur le temps passé couché et debout dans des stalles non entravées (Tucker et Weary 2004). Chaque stalle était munie d'un tapis de géotextile recouvert d'une à trois couches de copeaux passés au séchoir (0, 1 et 7 kg). Les vaches passaient 1,5 h de plus allongées dans les stalles à litière profonde. En outre, elles passaient moins de temps debout avec uniquement les pattes antérieures dans la stalle lorsque la litière était profonde.
« Ces écarts dans le temps passé debout et couché indiquent que les vaches hésitent à s'allonger sur une surface à litière peu profonde. Dans une étude plus récente où les vaches étaient logées dans des stalles entravées, on a obtenu des résultats similaires (Tucker et coll., 2009) ».
D. Le Du
Photo : Bien couchée, la vache fait fonctionner son usine à lait : son débit sanguin augmente, ce qui est favorable à la production ; À noter que la rumination se fait à plus de 80 % en position couchée.