
Dans un communiqué très alarmiste, le Comité régional porcin craignait fin de semaine dernière que la production bretonne ne paye les conséquences des problèmes liés à la dioxine en Allemagne. Lundi, le marché s’est soldé par un léger recul de prix de 1 centime d’euro (1,154). A la limite du soulagement, même s’il était difficile de cerner réellement la tendance pour les prochains jours. Les producteurs et leurs représentants attendaient avec une certaine impatience et pas mal de doutes la cotation d’hier jeudi 20 Janvier.
En effet la liste des pays qui refusent l’importation de viande porcine d’Allemagne, et boude l’Union européenne s’est allongée. Sans oublier ceux qui vont certainement tenter de profiter de la situation pour peser sur les tarifs. La crainte était effectivement en début de semaine que les milliers de porcs (entre 200 000 ou 300 000) en retard d’abattage en Allemagne ne restent sur le marché européen.
Solidarité et mesures d’urgence
Les syndicats (FRSEA/Jeunes Agriculteurs) et le CRP appelaient à de la solidarité dans la filière française par une application rapide de l’accord sur l’affichage d’origine des produits frais ou transformés et par une valorisation positive de la production française. En clair, ils espéraient là aussi que les opérateurs n’allaient pas profiter de la situation pour faire pression sur les prix.
La profession se tournait enfin vers les pouvoirs publics afin qu’ils demandent la réactivation des outils d’intervention et de stockage public. Le comité de gestion européen devait se réunir aussi hier jeudi pour examiner la situation. Par le passé, dans des situations délicates, il a souvent tardé à décider. C’est d’ailleurs ce qui inquiète la filière bretonne qui ne voudrait pas que l’on attende le KO avant d’adopter des mesures.
Une situation d’attente et d’angoisse donc pour toute la filière dans un contexte déjà très tendu. Ces derniers jours, les éleveurs étaient de nouveau avertis de hausses du prix de l’aliment, alors que la flambée du prix des matières premières (céréales et énergie) se poursuit et s’inscrit même dans la durée. Pas franchement rassurant.
Pierre Dénès