
C’est trop long ! ». Tous les associés l’ont dit et répété, lors de l’inauguration vendredi dernier. Quatre années de procédure, avec, face à eux, des opposants au projet qui ont manifesté leur mécontentement jusqu’au bout (Ils se sont réunis à proximité de la porcherie lors de la porte ouverte). Le projet permet pourtant à 4 associés, adhérents à Porc Armor, auparavant naisseurs engraisseurs (de 150 à 280 truies) de disposer d’un atelier de naissage aux normes bien-être et de transformer leurs propres élevages en engraissements. « Nous avons un outil moderne avec quelques innovations. Je n’aurais pas pu avoir un tel équipement si j’avais investi, seul, sur mon élevage », assure Mickaël Guervenou, le plus jeune des associés.
Les 883 truies, en provenance d’Auvergne, investiront les lieux, par lots de 120, dès la fin du mois de janvier. L’élevage sera conduit en 10 bandes, avec un sevrage à 21 jours. Les 23 000 porcelets produits annuellement seront répartis chez les associés, au prorata de leurs parts, et vendus à 7 kilos, au prix de revient. Les premiers porcelets quitteront la maternité collective en fin d’année. « Nous n’avons déjà plus de truies sur nos élevages compte tenu du retard occasionné par la procédure. Nous achetons actuellement nos porcelets ».
Groupe dynamiques
En verraterie , les animaux sont bloqués et nourris par doseurs. Les gestantes seront conduites en groupe dynamique, au Dac. « Nous avons visité des élevages en Hollande. C’est le système qui nous a paru le plus intéressant », indique Christian Prigent. Deux salles de 270 places pour les multipares et une de 120 places pour les primipares. 17 Dac au total, en comptant ceux de la quarantaine. « Nous avons équipé la quarantaine (96 places) de 4 distributeurs pour les habituer au système ».
Les deux salles de maternité comptent 84 places chacune. Les associés ont fait le choix de la case « balance ». Le caillebotis central, sous la mère, s’élève lorsque la truie se lève et reste en position haute tant qu’elle est debout. Allongée, le caillebotis se remet au niveau des porcelets. Le procédé a pour but d’éviter les écrasements. Le système d’alimentation, par doseurs, est également innovant. Le principe de fonctionnement du système Gestal est basé sur une distribution d’aliment sec automatisée et contrôlée, à la demande de la truie. L’objectif est de maximiser la consommation quotidienne d’aliment tout en contrôlant les plafonds et le gaspillage. Une liaison avec l’ordinateur de l’élevage permet un suivi précis et un contrôle des alertes. « Le système nous a paru très pratique et bien adapté à un élevage exclusivement conduit par des salariés ».
Robot de lavage prévu
La structure est équipée d’une ventilation centralisée et d’un laveur d’air. La pompe de lavage est dimensionnée pour l’installation future d’un robot. « Les salles sont jumelles. Il n’y a pas de recoins comme dans d’anciennes salles. La programmation sera facilitée. A 36 000 euros le robot, l’amortissement sera rapide », prévoit Jean-Lou Hervé. L’épandage des effluents se fera, par ETA, chez des prêteurs de terre du voisinage. La fosse de 1500 m3 est enterrée et sera prochainement couverte.
L’investissement total est de 2,2 millions d’euros. « La lenteur de la procédure a eu, au moins, un avantage : celui de nous donner le temps de la réflexion. Le projet final compte 700 m2 de moins que celui initialement prévu. Nous avons décidé d’utiliser le poulailler existant sur le site et réduit la surface de couloirs. De plus, le bâtiment a été construit à une période creuse pour les entreprises ».
L’unité de naissage fonctionnera avec 4 salariés dont un chef d’élevage, déjà opérationnel. « C’est un projet qui nous permettra d’avoir une meilleure qualité de vie », conclut Jean-Claude Balcou. « Il me permet, à titre personnel, de faciliter l’installation prochaine de mon fils ». Une opportunité, en fait, pour les petites et moyennes structures, qui peuvent, grâce au naissage associatif, disposer d’outils de production modernes et performants.
Bernard Laurent
Photo : Les associés de la SCEA Ker Anna : Christian Prigent, de Plougonver, Jean-Lou Hervé, de Ploezal, et les éleveurs de la SARL Kerambouler, de Kerien et de la SARL Balcou, de Penvenan.Un cinquième associé intègrera la société prochainement.