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Finistère (29)
Inventaire des zones humides / Les agriculteurs se mouillent
 

Tout commence à la Conférence départementale de l’eau en 2005. Les acteurs finistériens soulignent alors la nécessité de bénéficier d’un référentiel technique pour l’aménagement et la gestion des zones humides. En 2009, le Conseil général, dans le cadre de la Cama (Cellule d’animation sur les milieux aquatiques), forme un groupe technique et scientifique dont une des missions est d’élaborer un guide technique d’aménagement des zones humides. Le point final sera la parution d’un arrêté préfectoral, sans doute au 1er trimestre 2012.


Élaborer un inventaire fiable


Les agriculteurs sont directement concernés par ce recensement. Mais derrière ce zonage, figure chez eux la crainte d’une couche de contraintes supplémentaires. Notamment celles liées à la directive nitrates (interdiction de retournement des prairies en zone inondable, interdiction de drainage). Et pourquoi pas de nouvelles obligations d’entretien sachant que le principal risque qui guette les zones humides, c’est leur abandon aux friches. Friches qui gagnent déjà largement les fonds de vallée avec la spécialisation des exploitations. Ou plus exactement la disparition de bovins sur de nombreuses exploitations.
La Chambre d’agriculture a pris le dossier en main, en s’associant à la démarche départementale. « La profession fait des propositions agricoles qui seront intégrées au guide technique », informe Marie-Hélène Philippe, responsable environnement, soulignant que « 70 agriculteurs référents ont été formés sur le département ». Leur mission ? Participer à l’élaboration d’un inventaire fiable, de niveau 6 (Bien plus précis que l’inventaire cartographique réalisé par satellite).


Les conserver dans le giron agricole


Mais une fois l’inventaire des zones humides réalisé, que faire ? « Protéger et bien gérer », dit le Sage (Schéma d’aménagement et de gestion de l’eau) qui attribue aux zones humides des vertus en matière de biodiversité, d’hydrologie, de régulation des inondations, etc. «Beaucoup de collectivités souhaiteraient acheter des zones humides », constate Marie-Paule Levarlet, conseillère Chambre sur le Sud-Finistère. « Des agriculteurs seraient tentés de céder ces terrains mal valorisés. La prudence s’impose cependant ». En vendant leurs prairies, les agriculteurs perdraient des surfaces dites d’intérêt topographique (au même titre que les haies et talus dans le cadre de la conditionnalité de la Pac). Sans parler des contraintes périphériques qui pourraient être imposées dans un avenir plus ou moins lointain. Prudence donc, dit la profession.
La Chambre d’agriculture défend plutôt l’idée d’une « reconnaissance sociale » dans l’esprit de valoriser les agriculteurs qui entretiennent les zones humides plutôt que l’idée de pénaliser ceux qui délaissent ces zones peu productives. Et pourquoi pas déployer des aides européennes attribuées aux zones défavorisées vers les fonds de vallée. Pas sûr  que les zones de montagne l’entendent de cette oreille…

Didier Le Du


Photo : Les bovins restent les meilleurs agents d’entretien des zones humides. Le pâturage empêche les friches de progresser : ce qui offre un terrain favorable à la diversité animale et végétale.





Les différentes étapes
1- Décision de réaliser l’inventaire dans le cadre du Sage ou du Plu (plan local d’urbanisme).
2- Création d’un comité de suivi local. La Chambre d’agriculture nomme des agriculteurs référents (3-4 par commune).
3- Un bureau d’étude se rend sur site et fait l’inventaire.
4- Une réunion de pré-restitution est organisée, entre autres, à l’attention des agriculteurs. La carte des zones humides est affichée en mairie, voire dans certains cas, adressée aux agriculteurs. Il s’ensuit d’éventuelles corrections sur le terrain. S’il n’y a pas d’accord, il y a recours à un expert qui désigne un spécialiste du conservatoire botanique de Brest et un pédologue.
5- L’inventaire permanent des zones humides est établi. Il n’est plus contestable.



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Date de l'article : semaine du N° du 14 au 20 Janvier 2011
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