
Ecouter, innover, fabriquer et encore écouter. C'est indispensable pour répondre aux besoins réels du terrain", résume Julien Burel, directeur de Sulky. L'entreprise bretonne est devenue l'un des leaders européens du semis et de la fertilisation. Près de la moitié de la production devrait être exportée, en 2015, surtout sur le marché européen.
Polyvalence et débit de chantier
"En cultures, nous observons un agrandissement des surfaces et la volonté de produire plus et mieux avec moins d'intrants (semences, fertilisants, produits phytos)", déclare J. Burel. Les assolements se diversifient avec la mise en place d'une plus grande variété d'espèces. Parallèlement, la main d'œuvre diminue, les agriculteurs sont tentés de s'équiper à outrance, mais ils doivent être vigilants à leur coût de mécanisation.
La préparation de sol et le semis offrent des possibilités de gain de temps. "Avec le Xéos, nous avons configuré un semoir pneumatique polyvalent doté d'un cahier des charges qui garantit le débit et la répartition des graines, tout en limitant les pertes de temps au champ", précise Stéphane Billerot. "De la version de base MD à la version Pro qui permet une vitesse d'avancement élevée sur résidus végétaux, nous avons la même rigueur et la même qualité de travail".
Dosage et répartition
"Nous avons d'abord voulu un dosage précis pour toutes les semences". Le doseur universel permet de semer de 1 kg à 450 kg/ha, sans changer de cannelure. Le passage de petites à de grosses graines se fait par simple crabotage, en quelques secondes.
La tête de distribution est munie du nouveau système ADS. "Selon les critères allemands de la DLG, la répartition entre rangs est classée excellente, même avec les semences les plus sensibles comme le pois (180 kg/ha avec un CV (coefficient de variation) de 1,54 %) et le colza (3 kg/ha avec un CV de 2,84 %)". Ce nouveau système permet de gérer à volonté le nombre de rangs semés (1 sur 2 ou sur 3), de jalonner 2 fois 2 rangs ou 2 fois 3 rangs. Les clapets individuels de fermeture sont intégrés à la tête de distribution.
Un enterrage à la carte
L'enterrage de la graine doit pouvoir varier en fonction du type de semence et de l'itinéraire cultural. Avec des socs traînants classiques, le semoir bénéficie du réglage double effet. "En semis superficiel avec des petites graines à fleur de terre, ou sur sol meuble, l'agriculteur peut ajuster finement la pression de terrage, si besoin jusqu'au soulagement total du poids de l'élément semeur", explique Alexis Guilloton. "Au contraire, en semis profond avec vitesse d'avancement élevée, on dispose à volonté d'une forte pression allant jusqu'à 20 kg par soc".
Deux autres choix sont possibles. Les disques Unidisc, de grand diamètre, offrent toute facilité de passage dans les débris végétaux, avec un avancement rapide, pour une pression d'enterrage réglable de 3 à 30 kg. L'enterrage Cultidisc offre une puissance bienvenue en terrain sec, en semis profond et à haute vitesse (12 à 15 km/h en combiné). Le grand disque crénelé (410 mm) avec roue de réappui intégrée, permet de bien ouvrir le sillon sur la ligne de semis et de plomber la graine.
Jusqu'à 5 à 6 ha/heure
En plus de la précision dans le dosage et la répartition des graines, la nouvelle génération de semoirs permet un débit de chantier accru par des capacités de trémies élevées, adaptées à l'itinéraire cultural. Dès la version 3 m du modèle MD, la trémie (1 000 L) peut accueillir un big-bag complet de semences. Dans les autres modèles, le gain de temps est appréciable avec des trémies de 1 800 L. La console électronique associée à l'entraînement électrique du doseur apporte un confort d'utilisation, tout en simplifiant le travail. Avec ce type de semoir, le débit de chantier peut varier de 3 ha/heure en semoir de 3 m à 5-6 ha/heure, en modèle Xéos Pro de 4 m à 12 km/h.
Patrick Bégos
Photo : Le nouveau Xéos Pro peut semer jusqu'à 5 à 6 ha/heure, en passant dans les débris végétaux.
Une usine mieux adaptée
Sulky fêtera bientôt ses 75 ans, la troisième génération aux commandes inaugurera une nouvelle usine, cette année, avec la volonté de maintenir le savoir faire à Châteaubourg. Datant de 1945, l'ancienne usine n'est plus adaptée aux besoins : zones de montage non modulables, consommation d'énergie élevée, stockage et réception non fonctionnels. "Avec du matériel de grande largeur, il nous faut plus de réactivité", souligne J. Burel. La nouvelle usine de 20 000 m2 ouvrira en 2011 avec un centre de recherche. "Les lignes de montage seront organisées comme dans l'automobile, tous les appareils passent sur la même ligne, avec la mise en œuvre des meilleures technologies de peinture, l'amélioration des rejets dans l'atmosphère, la maîtrise de la consommation d'énergie".