
La méthode utilisée (Bilan travail) permet de distinguer le travail de saison et le travail d’astreinte. Le travail de saison (TS) concerne les travaux réalisés sur les cultures de rentes, les fourrages, le troupeau et « l’entretien du territoire ». Près d’un quart du TS moyen est consacré au troupeau et près de 10% à l’entretien du territoire. « La part du TS effectuée par des personnes hors cellule de base est importante, soit 27% avec du bénévolat et du salariat (15 jours chacun en moyenne). » Pour des travaux de courtes durées (7 jours en moyenne), l’entraide et l’appel à une entreprise de prestation de service sont privilégiés.
Le travail d’astreinte
Les soins et interventions journalières auprès des animaux sont regroupés sous l’appellation travaille d’astreinte (TA). « En moyenne, le volume d’astreinte global des exploitations laitières étudiées s’élève à 2 985 heures par an pour 65 vaches. Il varie de 700 à 7 300 heures. » Cela correspond à 3h50 par jour ou 27h par UGB ou encore 7h/1 000l de lait. En élevage allaitant, le volume d’astreinte moyen est de 2h30 par jour, soit 12h par UGB. Sur un an, cela représente 1 170h pour 65 vaches. Il varie de 820 à 2 240h. En ovin viande, le TA moyen atteint 1 250h par an pour 280 brebis (variation de 600 à 2 200h). « Cela correspond à une moyenne de 24h par semaine », soit 5h par an et par brebis (32h/UGB). Pour les membres des réseaux d’élevage, « dans toutes les filières, il existe à même taille du cheptel des écarts de TA allant au minimum du simple au double entre éleveurs efficients ou non sur le plan du travail ce qui démontre l’existence de marge de progrès importantes. »
Si ces chiffres servent de référence, ils sont à prendre avec des précautions car il faut prendre en compte un élément plus subjectif qu’est le comportement de l’éleveur au travail et le temps disponible pour le réaliser.
Comportement au travail et loi de Parkinson
Trois profils d’éleveurs se distinguent, en fonction de ses pratiques et de ses objectifs. Tout d’abord, « le simplificateur », qui met en place des pratiques simples et rapides, quitte à accepter éventuellement quelques conséquences sur les performances ou la qualité produit ». Vient ensuite « le perfectionniste », qui « aime le travail bien fait et ne compte pas ses heures pour atteindre cet objectif ». Et pour finir, « l’efficient » qui possède des « pratiques intermédiaires pour trouver le meilleur compromis entre temps de travail et travail de qualité ». L’étude fait aussi remarquer que, selon la loi de Parkinson, « le temps consacré à réaliser une tâche est fortement corrélé au temps disponible pour le réaliser.