
Depuis 1993, les associés du Gaec de Fosvern exploitaient un seul poulailler de 1 700 m2. La réglementation n'avait pas permis de construire un second poulailler. Leur désir s'est concrétisé, fin 2009, lorsque le père, Michel Gallouédec, a repéré dans Paysan Breton une annonce de vente de 2 poulaillers sur la commune voisine de Berrien à dix kilomètres du siège du Gaec.
Achat et rénovation
L'affaire a été rondement menée. Après quatre mois de délais administratifs, les premiers lots ont été mis en place en mai 2010. Le premier poulailler (1 320 m2 de 1993) est de type statique et le second (760 m2 de 1987) à ventilation dynamique. "Ils sont en bon état, mais nous avons réalisé des travaux de rénovation : le terrassement intérieur et extérieur, les néons (Varilux), les rampes de brumisation, les régulations (Avitouch), et le changement des pipettes dans 1 poulailler". Les associés ont aussi construit un petit local de 20 m2 pour accueillir le groupe électrogène.
Au prix d'achat de 135 000 euros s'ajoutent des travaux de 40 000 euros pour un montant total d'investisse-ment de 175 000 euros, soit 84 euros/m2. "Cela représente moins de la moitié du prix d'un bâtiment neuf (190 euros), ce qui est un niveau correct pour une reprise suivie d'une rénovation", précise Christian Nicolas, de la Chambre d'Agriculture.
Vigilance dans la démarche
"Ces poulaillers sont destinés à produire soit du poulet lourd sexé Princior soit du poulet standard lourd (de 2 à 2,7 kg)", souligne Philippe Le Page, du groupe Sanders. Les marges PA des premiers lots ont varié entre 10 euros et 12,73 euros/m2/lot, pour des poulets standard. Elles permettent de faire face aux charges opérationnelles et fixes (hors MSA) ainsi qu'à l'annuité (au total 6,65 euros/m2/lot). Avant MSA, il restera de 20 à 23 euros/
m2/an.
Les élevages se restructurent souvent par reprise de surfaces supplémentaires proches. "Les éleveurs doivent être vigilants dans leur démarche", déclare P. Le Page. "La première question à se poser, c'est le temps dont on dispose, en évitant de se disperser et de réduire les résultats de l'atelier existant". La coque du poulailler acheté doit être en bon état. "Il est indispensable de réaliser un audit pour chiffrer les rénovations néces-saires". Le bâtiment ne doit pas être distant de plus de 10 km du siège de l'exploitation. Il faut également veiller à l'aspect réglementaire (installations classées, plan d'épandage, norme phosphore).
L'organisation du travail
La porte ouverte organisée dans ces nouveaux bâtiments sera l'occasion d'aborder les problèmes d'organisation du travail. Compte tenu des moyens de production, les associés sont sensibles à cet aspect. L'une de leur priorité est d'ailleurs d'améliorer le temps passé au paillage. "La pailleuse utilisée pour les bovins ne convient pas, elle est trop haute et ne broie pas la paille", estime Philippe. "Il faut donc passer avec un broyeur puis épandre manuellement". Au total, les associés estiment à 75 heures/lot, le temps néces-saire (1 personne) pour pailler les 3 780 m2.
"Nous devons trouver une solution rapidement", souligne Thierry. "Plusieurs machines seront présentées à la porte ouverte, car le paillage est l'une des problématiques des éleveurs qui veulent restructurer leur élevage", précise C. Nicolas. Les machines peuvent pailler sans broyer ou faire les 2 opérations. On peut aussi faire appel à un prestataire. Un entrepreneur de travaux agricoles fera une démonstration, avec sa pailleuse-broyeuse. Différentes balayeuses seront également présentées, montées sur télescopique.
La distance entre 2 sites pose le problème de la connection à distance. Le Gaec est équipé du système Avitouch pour gérer les consignes et d'une alarme téléphonique qui avertit l'éleveur mais ne signale pas le type de défaillance. "On peut greffer sur cette régulation un pack Dialogue pour communiquer à distance par internet ou par smartphone et agir sur les consignes de température, de ventilation, sans avoir à se déplacer", explique C. Nicolas. Cet outil sera en démonstration. Le logiciel Fermatel sera également présenté. Il permet de tracer le produit et de transmettre ou de recevoir, par un simple clic, les informations à l'organisation de production ou à l'abattoir.
Patrick Bégos
>>>> Repères
Porte ouverte organisée par la Chambre d'Agriculture et Sanders, le vendredi 14 janvier
à partir de 14 h sur le site
de Goassalec à Berrien (29).
Photo : Les associés du Gaec de Fosvern à Scrignac, avec Philippe Le Page (à gauche) et Christian Nicolas
(à droite).
L'exploitation
Gaec de Fosvern Scrignac
• 3 associés Philippe Gallouédec, Thierry et
Sylvie Grall
• 600 000 l de lait + génisses
• 40 taurillons par an
• 3 780 m2 de poulailler
• 230 ha SAU
Le pesage automatique
La transmission du poids des animaux est une donnée indispensable pour gérer les plannings d'enlèvement. "À partir de 25 jours et jusqu'à l'enlèvement, nous effectuons une pesée manuelle tous les 5 jours d'une trentaine de poulets par poulailler", explique Michel. Des solutions de pesée automatique seront présentées. Le principe est simple. La balance est placée dans un endroit du poulailler et les poulets montent "au hasard", sur le plateau. Un calcul de poids moyen est ensuite réalisé automatiquement, chaque jour.