
Les années se suivent et se ressemblent douloureusement pour les producteurs de porcs. Sur 2010, le prix moyen est à un millième près le même que celui de 2009, soit 1,145 euro. Mais comme en 2008, les éleveurs ont subi une forte augmentation de leurs coûts de production sur le second semestre, liée à la hausse du prix des matières premières. Début 2011, le prix du blé flirte avec les 250 euros/tonne. De fait, le prix de revient estimé entre 1,35 et 1,40 euro du kilo, n’est évidemment pas couvert par un prix de base cadran en dessous de 1,15 euro. Il était de 1,148 euro lors de la cotation du lundi 3 janvier.
400 éleveurs bretons en grande difficulté
Ce qui est clair aujourd’hui, c’est que la filière bretonne se trouve fragilisée après bientôt 4 ans de crise et soumise à une concurrence farouche des autres bassins de production, notamment au nord de l’Europe. Le bassin breton voit de fait sa production stagner, alors que le leader européen allemand continue de progresser fortement.
Les responsables n’ont eu de cesse de dénoncer les distorsions de concurrence (sociales, fiscales …) avec les voisins allemands. Mais pour le moment sans réelles solutions. Conséquence : la situation des éleveurs ne cesse de se dégrader. Fin 2010, le chiffre de 400 éleveurs en grande difficulté a été évoqué. Le contexte actuel ne peut donc qu’amplifier le phénomène, si du moins le prix ne se redresse pas rapidement et durablement.
Quelques signes positifs
Difficile donc d’être optimiste pour 2011, car d’ores et déjà il est évident que le coût alimentaire restera élevé sur une bonne partie de l’année. La grande inconnue est l’évolution du prix du porc. Nul se hasarde à faire des pronostics, tant il est vrai que les prévisions ont souvent été démenties par le passé.
Pour ne pas céder totalement au pessimisme, quelques signes positifs méritent néanmoins d’être relevés. Dans l’immédiat, contrairement à d’autres années, il y a peu de stocks en élevages. Normalement, alors que l’activité est soutenue par les promotions, la fluidité est donc assurée. L’accord conclu entre les partenaires de la filière sur la mention d’origine des viandes et des produits transformés peut contribuer à orienter favorablement les achats des consommateurs. En 2010, les courants d’exportation ont de nouveau bien progressé. Récemment, des journaux économiques annonçaient que la Chine prévoit d’augmenter ses importations de viandes bovine et porcine. Des informations qui ne font certes pas le prix de marché en Bretagne, mais pourraient contribuer à le tirer vers le haut.
Pierre Dénès