
La hausse des abattages européens, prévue pour le second semestre, est intervenue dès le début de l’année. Dans l’Union européenne à 15, le bassin Nord européen est en forte progression sur les 9 premiers mois de 2010 (Allemagne : + 2,8 % ; Pays-Bas : + 2,0 % ; Danemark : + 3,7 %). Cela correspond à près de 5,3 millions de porcs supplémentaires abattus par rapport à la même période en 2009. Les abattages sont également orientés à la hausse en Italie (+ 2,4 %), au Portugal, au Royaume-Uni et en Irlande. La France paraît à l’écart de cette reprise européenne avec des abattages en baisse de -0,1 % sur les 8 premiers mois de 2010. L’amélioration constante des performances techniques a permis d’assurer le maintien du potentiel de production malgré le repli global du cheptel reproducteur européen (-0,8%).
Demande japonaise
La viande européenne a bénéficié en 2010 d’une bonne compétitivité sur le marché mondial, face au Brésil notamment. La parité €/$ est plus favorable qu’en 2009. Les principaux concurrents des Européens (Etats-Unis, Canada et Brésil) ont subi un prix du porc élevé sur leurs marchés nationaux en raison des importantes décapitalisations en 2008 et 2009 aux Etats-Unis et au Canada, et de la demande croissante des consommateurs brésiliens. Les exportations battent des records sur la Russie. L’Union européenne a aussi développé ses ventes sur le Japon et reste le premier fournisseur de la Chine. Au Japon, 1er marché d’importations, la hausse de la demande (+ 8,0 %) profite essentiellement aux viandes européennes avec une hausse des ventes de + 19 %.
La France recule en Europe
La forte hausse des exportations françaises de viande de porc sur les pays tiers (+ 45 % par rapport à 2009) masque le recul de la France sur le marché communautaire, notamment à destination de l’Italie et de la Grèce. La France recule sur ses principaux débouchés communautaires de plus haute valeur ajoutée. La filière porcine française doit faire face à la progression constante des importations en provenance d’Espagne et à des difficultés à exporter sur les marchés européens en raison de la présence plus forte des acteurs nord-européens et espagnols sur le marché communautaire. Le déficit de la balance commerciale se creuse vis-à-vis de l’Union européenne, même si la hausse des exportations de viande sur les pays tiers a permis de stabiliser le déficit global de la France, en volume comme en valeur. Les exportations à destination de la Russie et l’Asie sont devenues essentielles. Une diminution des débouchés sur le marché mondial pour les viandes européennes pourrait dans les mois à venir impacter plus sensiblement la filière française.
Bernard Laurent
Source : France Agrimer
Photo : La France recule sur ses principaux débouchés communautaires de plus haute valeur ajoutée
Consommation atone
Si la consommation a globalement augmenté au sein de l’Union européenne (+ 1,1%), elle reste relativement atone en France. Sur 9 mois, la baisse de la consommation de viande fraîche par les ménages français est de 1,7 % et reste stable sur la saucisserie et le demi-sel. La baisse des cours en 2010 sur le marché européen, n’a pas été suffisante pour dynamiser la consommation. La viande de porc fraîche a perdu des parts de marché face à la volaille. Le marché français est resté relativement chargé au second semestre 2010