Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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Finistère (29)
Cuma La Blanc-Bourgeoise / Une dessileuse entre sept élevages
 

Distribuer les fourrages par la Cuma. La formule ne fait pas beaucoup d’émules dans le Finistère. En 2011, il ne reste qu’une Cuma de ce type dans le département. Alors que l’Ille-et-Vilaine compte 29 Cuma de distribution intervenant chez quelque 300 éleveurs.


18,90 €/1 000 litres, main-d’œuvre comprise


À Plabennec et Bourg-Blanc, la Cuma La Blanc-Bourgeoise fêtera bientôt ses dix ans d’existence. La première machine achetée en 2002 a été remplacée après sept campagnes. Un nouvel investissement qui prouve la satisfaction des adhérents en la formule. « La première distributrice avait 8 000 heures au compteur, soit environ
1 200 heures par an », a chiffré Hervé Pont, président de la Cuma, lors d’une journée technique organisée par la Fédération des Cuma chez Hervé Kerandel, un des sept adhérents de la structure.
À l’origine, la constitution du groupe d’éleveurs ne s’est pas faite en un claquement de doigts. Lors des réunions de réflexion organisées en 2001, de nombreuses questions ont été abordées. Et bien sûr, celle du coût de la prestation. « Nous sommes à 18,90 € /1 000 litres, main-d’œuvre comprise (1)», chiffrent les responsables de la Cuma. Un coût à comparer aux 12 € /1 000 litres (sans main-d’œuvre) calculé par la FDCuma pour une dessileuse-pailleuse de 8 m3 achetée 20 000 € en individuel. Ou aux 18 €/1 000 litres pour un élevage équipé individuellement d’une dessileuse mélangeuse de 14 m3 fonctionnant 150 heures par an.
À la Cuma La Blanc-Bourgeoise, le coût de 18,90 € /1 000 litres pourrait être abaissé par une optimisation de l’utilisation de la machine. « Aujourd’hui, les adhérents représentent un quota de 3,125 millions de litres. L’idéal serait d’arriver à 3,5 à 4 millions de litres ». Un objectif à la portée si un ou deux nouveaux adhérents venaient à intégrer la Cuma, ce qui placerait la structure plabennecoise en deçà de la moyenne de 17€ /1 000 litres (main-d’œuvre comprise) constatée sur les Cuma de distribution de l’Ouest.


6 distributions hebdomadaires


Autre préoccupation qui émerge quand des éleveurs réfléchissent à un achat groupé : l’adaptation des bâtiments à l’automotrice. « Des essais avaient été réalisés avant l’achat de la première machine ». Les limites éventuelles étant les largeurs des couloirs d’alimentation, mais aussi les hauteurs des portails. L’actuelle machine, très près du sol, ne pose pas de problème d’encombrement particulier. Même si son poids (une automotrice pleine pèse de 15 à 25 tonnes) a tendance à éprouver les bétons pas prévus à l’origine pour supporter de telles charges.
Quant à la question récurrente de savoir si « la distribution sera aussi bien faite que lorsque je la fais moi-même », Alain Laurec, directeur de la FDcuma, fait observer que 46 % des élevages enregistrent de meilleurs résultats techniques avec cette formule collective (enquête sur élevages de l’Ouest).
« Dans notre Cuma, il y a une distribution quotidienne sauf le dimanche. Le samedi, une double ration est distribuée ». Une grosse journée pour Mickaël, le salarié, qui parcoure 25-30 km quotidiennement au volant de sa déssileuse automotrice. « Il faut compter 3,5 heures par jour pour alimenter l’ensemble des troupeaux. Compter en plus ½ heure d’entretien par jour, soit 25 heures par semaine ».

Didier Le Du

(1) La facturation est établie en fonction du quota et du temps passé + souscription au capital social (2 €/1 000 litres).



Choisir une machine
Le prix n’est pas le seul critère de choix d’une distributrice. Plus ou moins 10 000 € sur une machine qui coûte 130 000 € n’influe que modérément le coût de distribution. Sans doute pas autant que la distance entre élevages qui doit rester « raisonnable » pour ces machines pas forcément de grandes routières et qui consomment de 15 à 25 litres de carburant à l’heure. La moyenne observée sur les Cuma de l’Ouest est de 1 km pour 110 000 litres (quota moyen : 325 000 litres pour des références qui vont de 165 000 l à 1 million de litres).
Les questions à se poser avant d’investir :
•Combien d’animaux à nourrir ? Pendant combien de jours dans l’année ? •Quels sont les aliments distribués au cours de l’année ? •Faut-il pailler ? •Quels moyens de traction sont disponibles ? (Par exemple, utilisation des tracteurs inoccupés). •Les bâtiments, mais aussi les silos sont-ils accessibles ? •La main-d’œuvre disponible et le temps de travail sont-ils des facteurs limitants sur l’élevage ? (La Cuma de distribution peut soulager l’agriculteur sans embaucher).




Meilleure qualité des rations
Si 46 % des éleveurs de l’Ouest qui font appel à une Cuma de distribution enregistrent de meilleurs résultats techniques, ce n’est pas un hasard. Le fait d’avoir une mélangeuse incite naturellement à incorporer une plus grande variété de fourrages dans la ration. D’où une complémentarité nutritionnelle positive entre aliments, associée à une meilleure fibrosité (impact sur la rumination, donc l’acidose, etc).
La Cuma La Blanc-Bourgeoise a pour sa part investi dans une dessileuse à vis verticale. « Dans le secteur, les taux de MS du maïs sont généralement assez bas. Avec la vis verticale, le risque de transformer la ration en bouillie est moindre. Sans compter qu’elle coûtait 20 000 € de moins ».





Légende photo : Dominique Acquitter et Hervé Pont, adhérents de la Cuma de distribution.

 



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Date de l'article : semaine du N° du 7 au 13 Janvier 2011
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