
Avoir plus de 40% des vaches en 4ème lactation ou plus. L’objectif est ambitieux, quand on sait que la moitié des laitières, dans l’ensemble des troupeaux de la région, ne vêlent que deux fois. 2,4 lactations par vache en moyenne. Le temps d’atteindre la moyenne de 8,8 litres de lait par jour de vie. Loin des 12 litres correspondant à une production de 30 000 litres dans une carrière, qui permettrait d’abaisser significativement le coût du renouvellement. Les leviers sont connus : nutrition, confort et génétique.
Ration constante sur l’année
Avec 2,5 lactations par vache, avant la réforme, le Gaec Roussel semble sur la bonne voie. Le système en « zéro pâturage », adopté depuis plusieurs années en raison d’un parcellaire morcelé, permet aux 65 laitières de disposer d’une ration constante sur l’année. « Une transition alimentaire insuffisante, et donc manquée, c’est une lactation en moins » assure Philippe Adam, de Néolait. Pas de soucis de ce côté-là sur l’élevage Roussel. La flore du rumen évolue peu. Les 15,5 kilos de matière sèche de maïs sont complétés quotidiennement, à la mélangeuse, par 3 kilos d’ensilage de luzerne (MS), « pour l’apport de fibres », 1 kilo de maïs humide et 2,5 kilos de concentrés. Jusqu’à 5,5 kilos supplémentaires de correcteur sont apportés directement au robot de traite, pour les fortes laitières. Les 173 grammes de concentré distribués par kilo de lait produit représentent un coût de 55 centimes aux 1000 litres de lait (avec les minéraux). « Habituellement, les élevages qui fonctionnent au robot y apportent les 8 kilos de concentrés. Pour des raisons de santé, nous avons fait le choix d’apporter une partie, en mélange, dans la ration », indique Jean-François Roussel, en charge du suivi du troupeau. La contrepartie, c’est une moindre fréquentation du robot : 2,4 traites quotidiennes. La ration est complétée par des compléments nutritionnels, des minéraux et de la paille de colza. « Attention à la paille de colza », prévient Philippe Adam, « les tiges sont creuses et peuvent favoriser le développement de champignons (mycotoxines) ». Une ration devrait permettre d’atteindre 1,5 litre de lait par kilo de matière sèche ingérée. « La moyenne des élevages se situe à peine à 1,1 litre », déplore le nutritionniste.
Allongement des lactations
Le confort des animaux est assuré par des logettes paillées. « Le nettoyage des couloirs est effectué deux fois par jour, par chasse d’eau », indique l’éleveur. « Les logettes sont paillées deux fois par jour également, à raison de 2 kilos de paille par jour ». Depuis quelques années, la sélection est réalisée prioritairement sur l’Isu des taureaux. « Le pointage moyen n’est que de 80 points. Je souhaite mettre l’accent sur la morphologie des animaux à l’avenir. Sans oublier la production laitière et la reproduction ». Avec 56% de taux de réussite en 1ère insémination (72% sur génisses), la fertilité des animaux est jugée satisfaisante. 1,9 paillettes sont nécessaires pour féconder les vaches. L’intervalle de vêlages est de 403 jours. « Compte tenu de la production individuelle des laitières (10 200 litres), on pourrait envisager d’allonger les lactations ». Philippe Adam confirme l’intérêt des lactations longues. « Le taux de réforme diminue quand on fait le choix de passer de 12 mois à 18 mois de lactation, tout comme le taux de réussite en 1ère et 2ème insémination ». La traite au robot, installé en 2003, lors de la construction d’un nouveau bâtiment, n’a pas altéré la qualité du lait : 180 000 cellules en moyenne. Le taux de leucocytes ne constitue pas une cause de réforme importante sur l’élevage. L’alimentation hivernale des génisses, qui vêlent en moyenne à 26 mois, est à base de maïs fourrage et de paille.
Bernard Laurent
Photo : Les deux plus vieilles vaches du troupeau, en 6ème et 7ème lactation. Elles ont produit, à leur dernière lactation, respectivement 13000 et 11500 litres de lait. Rame (à gauche), a produit en 7 lactations 77 755 litres.
Le Gaec Roussel en bref
•3 UTH (Jean-François, Philippe et Madeleine Roussel)
•574 000 litres de référence
•10 200 litres/vache à 39 TB et 32 TP
•110 ha SAU
•40 ha de maïs
•30 ha de céréales
•25 ha de prairies
•10 ha de luzerne
•5 ha de légumes industrie