
Un taux de réussite en première IA, inférieur à 40 % ; une diminution de la fertilité de 5 % depuis 2000, qui serait cependant stoppée ; un intervalle vêlage 1ere IA de 95 jours, et IA fécondante de 139 jours, un intervalle vêlage/vêlage de 419 jours. C’est le constat effectué par Didier Thareau, technicien Prim’Holstein France pour les Côtes d’Armor lors de l’AG du syndicat de race, jeudi 16 décembre à Lanrodec.
Le 1er facteur de dégradation est la génétique. Il serait responsable de plus d’1/3 de la baisse du taux de réussite, avec une relation constatée de la fertilité et de la production laitière. Le technicien précise que « l’introduction des fonctionnels dans l’ISU corrige peu à peu ce phénomène ». Parmi les autres causes : les pratiques d’IA et d’élevage, avec moins de temps consacré à la détection des chaleurs, notamment lorsque les troupeaux s’agrandissent ; l’alimentation et l’état corporel.
Poids de la consanguinité
Un autre élément est mis en évidence, la consanguinité. Son impact sur la fertilité est reconnu, mais n’est pas toujours facile à chiffrer. Il explique : « deux animaux sont apparentés s’ils possèdent au moins un ancêtre commun, et un animal est dit consanguin si ses parents sont apparentés entre eux ». Le coefficient de consanguinité d’un animal étant égal au coefficient de parenté entre ses parents.
La consanguinité moyenne n’a d’ailleurs fait qu’augmenter depuis 30 ans. Et paradoxalement, la race Prim’Holstein qui a les effectifs les plus importants a suivi la même courbe que les autres races. « Il est possible de la réduire en limitant l’accouplement d’individus apparentés, pour ne pas aller au-delà de 7 % de consanguinité pour les produits engendrés ». Une des solutions est l’utilisation de taureaux plus originaux, lorsqu’ils sont disponibles. Ce qui pour des passionner de la génétique peut poser problème, car il faut accepter de descendre dans les index.
Nouvelles voies par la génomique
La sélection va aussi offrir des outils efficaces sur la fertilité en s’appuyant sur les index, alors que la génomique ouvre aussi de nouvelles perspectives. « L’index fertilité rend compte de la réussite en IA ». Précisant : « Un point d’index taureau correspond à 2,5 % de réussite à l’IA sur les filles en lactation ». (voir courbe).
En fait, la génomique va permettre de mieux comprendre les composantes génétiques de la fertilité femelle et mâle, par la mise en évidence de QTL (quantitative trait loci), marqueurs d’intérêt pour sélectionner précocement les taureaux sur la qualité de semence. Et ainsi obtenir des informations plus fiables.
Depuis juin 2010, 3 caractères associés à la fertilité sont indexés et publiés : index fertilité génisse, l’index intervalle vêlage – 1ère IA, et l’index état corporel.
L’index fertilité génisse qui traduit le taux de conception des génisses n’a cependant pas la même valeur que l’index fertilité vaches puisqu’il ne prend en compte qu’une année au lieu de trois. L’index intervalle vêlage – 1ère IA traduit l’aptitude au retour de la cyclicité des vêlages. Plus il est positif, plus le délai est court, mais seuls les index s’écartant beaucoup de la moyenne sont intéressants à noter. L’index état corporel révèle lorsqu’il est positif que les filles du taureau concerné maigrissent moins que leurs contemporaines. La corrélation sur la fertilité est donnée à 0,6. On devrait évoluer vers un index de synthèse de fertilité. « La méthode de calcul reste à définir ».
Dans sa conclusion, Didier Thareau a aussi expliqué que témoignages et études semblent indiquer des améliorations de la fertilité suite à un croisement Holstein avec les autres races. Toutefois, il est simultanément observé une baisse de la production avec les animaux croisés. « Cela explique une bonne partie des améliorations de la fertilité ». Sans oublier que ce modèle basé sur du croisement est difficile à gérer à moyen ou long terme.
Pierre Dénès
Photo : Moment d’émotion de cette assemblée pour Gilles Callarec, du Gaec Spernen à Trémel qui a reçu la récompense de la meilleure vache de l’année, remise par le président Loïc Le Laurent, pour Asco Dy, titrée à plusieurs reprises au Concours général de Paris, au Régional, aux Terralies et au national. Malheureusement, la vache, blessée à son retour du national, est morte quelques jours plus tard.