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Directive bien-être poulets de chair / Le chargement pourra évoluer entre 33 et 42 kg/m2
 

La directive européenne sur le bien-être des poulets s'applique dès maintenant, même s'il reste encore des éléments à préciser, voire à négocier", précise Gaëlle Evain, de la DDPP (Direction départementale de la protection des populations) du Finistère. "Dans ce dossier, l'éleveur doit être vigilant à trois éléments clés : le certificat individuel, le chargement en fin de lot (poids vif total de poulets/m2) et les informations liées à l'inspection des lots en abattoir".


Le certificat individuel d'éleveur


L'éleveur est au centre du bien-être animal, il devra posséder un certificat. S'il est installé depuis plus d'un an, il bénéficiera de l'équivalence et aura automatiquement le certificat. Par contre, les nouveaux éleveurs devront suivre une formation agréée (liste des centres disponible en janvier). En principe, il suffit qu'une seule personne par élevage possède ce certificat. Néanmoins, pour parer à toute éventualité, il est préférable que les personnes qui participent à l'élevage soient titulaires du certificat. Les imprimés de demande sont disponibles dans les DDPP ou téléchargeables sur le site du ministère.


Des obligations pour l'ensemble des élevages


Quelques obligations concernent l'ensemble des élevages, quel que soit le chargement. Le programme lumineux doit comprendre au minimum 6 heures d'obscurité dont 4 heures ininterrompues. L'intensité lumineuse sera de 20 lux au minimum sur 80 % de la surface du poulailler, à partir de 7 jours d'âge des animaux et jusqu'à 3 jours avant l'abattage. 
D'autres dispositions, communément appliquées, concernent l'abreuvement, la litière, le niveau sonore, la surveillance de l'élevage, le nettoyage-désinfection. La tenue d'un registre pour chaque poulailler est obligatoire (à conserver 3 ans) avec la surface du bâtiment, la souche, le nombre de poulets et la mortalité. Le respect de ces dispositions permet d'atteindre un chargement de 33 kg/m2.


Au-delà de 33 kg/m2


Pour dépasser ce seuil de chargement, l'éleveur doit respecter des normes d'ambiance : température, humidité et surtout teneur en ammoniac. En effet, les systèmes de chauffage et de ventilation doivent permettre de maintenir une concentration en ammoniac, mesurée à la hauteur des animaux, inférieure ou égale à 20 ppm et une concentration en dioxyde de carbone (CO2) inférieure ou égale à 3 000 ppm.
Si le chargement est supérieur à 33 kg/m2, 3 exigences supplémentaires s'appliquent, en plus du registre. La déclaration de densité maximale doit parvenir à la DDPP au plus tard 15 jours avant l'installation du premier lot. Un plan du poulailler détaillera les systèmes de ventilation, climatisation, chauffage, systèmes d'alimentation, de chauffage, d'alarme, type de sol. Enfin, le nombre d'animaux trouvés morts et éliminés doit être noté tous les jours. Le taux de mortalité journalier ainsi obtenu additionné tout au long du lot donne le taux de mortalité cumulé qui doit être transmis à l'abattoir au moment de l'abattage.


Entre 39 et 42 kg/m2


En plus des exigences précédentes, quelques obligations doivent être respectées pour atteindre un chargement de 42 kg/m2, sans le dépasser. Aucune irrégularité ne doit être relevée dans les deux années qui précèdent. D'autre part, le taux cumulé transmis à l'abattoir doit être inférieur à un seuil calculé en fonction de l'âge d'abattage du lot (1% + 0,06 % x âge en jours des poulets), sur 7 bandes consécutives.
Ainsi, pour un abattage à 38 jours, le taux de mortalité journalier cumulé devra être inférieur à 3,28 %. Des dérogations pourraient être accordées, en cas de dépassement, lorsque le caractère exceptionnel a été reconnu et que les causes sont indépendantes de la volonté de l'éleveur. Si ce n'est pas le cas, le chargement du lot suivant ne devra pas dépasser 39 kg/m2.
Les éleveurs doivent donc déposer, dans les prochaines semaines, les demandes de certificat et de chargement/m2. Chaque éleveur réunissant les conditions pourra atteindre 42 kg/m2 pour ses premiers lots, mais devra redescendre à 39 kg si les critères ne sont pas respectés. Quant aux premières inspections, elles ne démarreraient pas avant le second semestre 2011. Et d'ici là, des réponses devront être apportés sur les enlèvements décalés et les dépassements de taux de mortalité.   

Patrick Bégos



À l'abattoir

Lors de l'inspection post-mortem des lots à l'abattoir, d'éventuelles carences en bien-être pourront être détectées en présence de certaines lésions observées (ampoules et dermatites de bréchet, griffures anciennes et mauvais état général, brûlures des tarses et éventuelles pododermatites). L'Itavi mène une étude pour mieux cerner ces critères. Les élevages, dont les lésions auront été repérées par l'abattoir, seront contrôlés en priorité. 




Légende photo : Le chargement correspond au poids vif de poulets se trouvant dans un m2 de poulailler. Trois seuils de chargement (33, 39 et 42 kg/m2) ont été déterminés. 

 



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Date de l'article : semaine du N° du 24 Décembre 2010 au 6 Janvier 2011
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