
Depuis quelques mois, Gilles Lecuyer, à la tête d’un élevage d’une centaine de truies à Bignan (56), achète un aliment 2ème âge plus concentré. Objectif : diminuer les quantités consommées, à un stade où l’aliment coûte cher. L’éleveur accepte un prix de la tonne d’aliment supérieur de 30 euros, à l’achat. Le résultat économique, au final, semble lui donner raison. Les performances de croissance augmentent malgré les 8,6 kilos d’aliment consommés en moins par porcelet, avant le transfert en engraissement.
1,13 euro par porc
L’élevage est conduit en 7 bandes de truies avec un sevrage à 28 jours. Auparavant, les porcelets consommaient 5,9 kilos de 1er âge, 23,8 kilos de 2ème âge et 22 kilos d’aliment nourrain, soit 51,7 kilos au total. Actuellement, après le changement de programme alimentaire, les animaux consomment 5 kilos de 1er âge, 18 kilos de 2ème âge et 20,1 kilos de nourrain (3 kilos d’aliment engraissement, en plus). « J’effectue une transition de trois jours à chaque phase », précise l’éleveur. Le prix supérieur de l’aliment concentré représente 0,714 euro par porc. Les 8,6 kilos d’aliment consommés en moins représentent une économie de 2,408 euros par porc, au total (0,9 kilo de 1er âge, soit 0,468 euros ; 5,8 kilos de 2ème âge, soit 1,537 euros et 1,9 kilo de nourrain, soit 0,403 euros par porc).
La différence entre pertes et gains (1,694 euro par porc), à laquelle il convient de retrancher la valeur des 3 kilos
d’aliment d’engraissement consommés en plus, à savoir 0,56 euro, équivaut à 1,13 eurs d’économie d’aliment par porcelet.
Choix de gamme
Les poids d’entrée et de sortie des animaux du post-sevrage sont sensiblement les mêmes (voir tableau). La durée de présence est moindre (de 53 à 46 jours). « Les porcs sortent plus rapidement des cases de PS. Le nombre de kilos au m2 n’est jamais trop important. Ils ne subissent plus le préjudice des fortes densités », avance Jacques Loussouarn, responsable technique chez Aveltis. Il met en garde les producteurs. « Dans un contexte de prix des matières premières élevé, le point d’indice de consommation coûte encore plus cher. Certains éleveurs sont tentés de descendre en gamme pour soulager la trésorerie. Attention à la baisse des performances, bien plus pénalisante en raison de l’augmentation du coût alimentaire et de l’impact de l’âge à la vente, de l’augmentation du chargement et de la dégradation du sanitaire ». Il rappelle également que l’énergie consommée est la même entre un aliment engraissement à 9,6 MJ et un indice de 2,85 et un autre à 10 MJ et un indice de 2,75. Le coût alimentaire est le même si l’écart de prix est égal à 9 euros par tonne.
Bernard Laurent
Légende photo : Des témoignages d’éleveurs, sur l’optimisation de l’indice de consommation ou sur l’optimisation du prix moyen de l’aliment, ont servi de support au Forum technique d’Aveltis sur le thème de la maîtrise du coût alimentaire.