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Système d'exploitation / MAE Système fourrager économe en intrants (MAE SFEI) - Le coup de pouce à une démarche personnelle
 

Une prime à l'efficacité économique. Le Réseau agriculture durable (RAD) a étudié l'efficience environnementale de 56 élevages bretons engagés dans la MAE SFEI et représentatifs des systèmes herbagers régionaux. Éric Duverger, éleveur laitier installé en 2004 sur une SAU de 21 ha et avec un quota de 170 000 l avait opté dès le départ pour un système herbager par souci de durabilité. "Avec un système économe basé sur le pâturage, j'ai pu construire le bâtiment le plus économique et choisir d'externaliser les quelques interventions culturales afin de limiter l'investissement en matériel à 11 000 euros". Il précise ainsi que la réduction des intrants grâce au système herbager est une réflexion globale et à mener sur le long terme.


Peu d'efforts


C'est aussi le premier constat de l'étude : alors qu'ils ont jusqu'à deux ans pour atteindre les niveaux requis, les éleveurs se sont orientés vers le système herbager avant de signer la MAE. Le plus souvent, ils respectent déjà les contraintes d'assolement ou en sont très proches. Le constat est le même pour la fertilisation azotée et l'utilisation des produits phytosanitaires, dès la 1ère année de contrat, les exploitations atteignent majoritairement les seuils. Pourtant, en 2ème et 3ème année, la surface de prairie augmente, tandis que celle de maïs se réduit, tout comme la fertilisation azotée minérale et l'indice de fréquence de traitement. Et c'est en 3ème année que ces indicateurs arrivent globalement au niveau de ceux des agriculteurs engagés avant 2007.
Si les agriculteurs poursuivent leur démarche au-delà des exigences du cahier des charges, "c'est plus pour optimiser leur système que par contrainte", constate Catherine Le Rohellec, du RAD. Éric Duverger la rejoint en prenant l'exemple de sa culture de triticale, "j'ai fait l'essai de ne plus intervenir après l'implantation et je me suis rendu compte qu'au final, même si le rendement diminuait, la marge restait la même". Le maïs est un autre exemple, l'effet prairie pare à l'absence d'engrais starter. Bien qu'il ne se sente pas l'âme d'un aventurier, Éric Duverger continuera de tester chez lui "des choses qui fonctionnent ailleurs. l'an prochain, je ferai un désherbage mécanique du maïs. Je tenterai aussi d'implanter un mélange dactyle – luzerne", pour assurer une récolte d'herbe même en cas de sécheresse.


Efficacité


En conclusion de la présentation, Catherine Le Rohellec est revenue sur l'efficacité économique des systèmes herbagers. Avec un produit courant inférieur de 13 % à la moyenne régionale établie par le réseau d'information comptable agricole, "l'échantillon des 110 exploitations laitières de l'observatoire du RAD obtient un résultat courant plus élevé de 13 000 euros, avec un peu moins d'aides publiques". De son côté, et même si son système lui apporte une "satisfaction économique", Éric Duverger commence à réfléchir à la manière de l'optimiser encore pour faire face à la prochaine réorganisation de la filière laitière et à la fin de son contrat MAE qui lui aura fait augmenter la part d'herbe et réduire celle du maïs dans son assolement. "Grâce à la MAE SFEI, j'ai aussi divisé par 2 ma fertilisation azotée sur prairie, j'ai supprimé le starter pour le maïs et réduit mes achats de concentrés".

Ronan Lombard


 


Photo : Pour Éric Duverger (à gauche), ce qui conditionne la réussite d'un système herbager, c'est sa cohérence avec un parc matériel restreint ainsi qu'un bâtiment économique et adapté.

 







Cahier des charges de la MAE SFEI

Pour accéder à l'indemnisation de 130 euros / ha, le signataire d'une MAE SFEI s'engage à respecter des contraintes sur son assolement, ces pratiques de fertilisation azotée et de protection des cultures. Pour l'assolement, un minimum d'herbe est imposé : 55 % de la SAU et 75 % de la surface fourragère. Le maïs est limité à 18 % de la surface fourragère et l'achat de concentré doit représenter moins de 800 kg / UGB. La fertilisation azotée moyenne sur l'exploitation est plafonnée à 170 U / ha, dont 140 U d'azote organique. Pour l'azote minéral, les apports sont interdits sur maïs et betterave. Sur les autres surfaces, ils ne doivent pas excéder
30 U / ha de prairie, 60 U / ha de céréale de printemps et 100 U / ha de céréale d'hiver. L'utilisation de phytosanitaires est restreinte à une dose homologuée de fongicide sur les céréales et à 70 % de la dose homologuée sur l'ensemble des cultures arables de l'exploitation pour les herbicides. Les insecticides et régulateurs de croissance sont interdits et le désherbage chimique des prairies est limité à certains traitements localisés.



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Date de l'article : semaine du N° du 17 au 23 Décembre 2010
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