
Maintenir un magasin de proximité, dans une commune de 1400 habitants, loin des grands centres urbains du département, constitue un véritable challenge. Mathieu Bostyn et quelques autres associés entendent le relever. Ils ont créé la coopérative « Le Champ Commun », qui comprend une épicerie et un bar, dans un local acheté et aménagé en 2010. « Au début, l’initiative a été mal perçue par la population locale qui pensait que la coopérative allait mettre en péril l’activité des autres petits commerces. C’est le contraire qui se produit. La nouvelle structure dynamise le territoire ». 7 emplois, représentant 4 équivalents temps plein, ont été créés pour gérer le magasin, le bar et accompagner la vie de la structure, aux côtés des membres bénévoles. La coopérative compte 86 associés, pour la plupart habitants des alentours, artisans et producteurs locaux.
100 références de produits fermiers
« Nous voulons promouvoir les produits locaux », poursuit Mathieu Bostyn. Une centaine de produits, fabriqués dans des fermes de la région (pain, fruits, légumes, cidre, fromages, jus…) sont référencés en bonne place, à côté des 1300 références de produits conventionnels et des 350 références de produits bio. « Notre étude de marché nous avait montré qu’il ne fallait pas nous limiter aux produits bio, dans une zone rurale comme la nôtre. Nous travaillons donc avec des centrales d’achat pour les produits conventionnels ». La volonté des associés de promouvoir la production locale se traduit par les marges prises sur les produits, par la coopérative : 25% sur les produits locaux, 30% sur les produits bio et 35% sur les produits conventionnels. « Sur certains produits, notamment conventionnels, nous sommes plus chers qu’en GMS (10 à 15% de plus). C’est inéluctable ». 35 produits sont cependant vendus en vrac (riz, lentilles…), en libre service, pour limiter les prix de vente au consommateur.
A côté de l’épicerie, le bar propose des boissons essentiellement bretonnes. « Comme l’épicerie, il est ouvert 6 jours sur 7. C’est un café concert, avec de nombreuses programmations culturelles (musique, théâtre...) ».
La coopérative a acheté le fonds de commerce. Elle loue les locaux à une SCI (4 associés) qui est propriétaire des bâtiments. « L’ensemble repose sur un montage juridique bien ficelé ». L’initiative pourrait s’avérer intéressante pour conserver de l’activité en zone rurale.
Bernard Laurent
Un atelier modulaire de transformation à la Cuma Saveurs Paysannes
Onze éleveurs de l’Est du Morbihan ont créé la Cuma Saveurs Paysannes en 2009 pour découper et transformer la viande produite sur leurs exploitations (diverses productions). L’objectif est de produire dans une démarche qui s’inscrit dans un esprit d’agriculture durable (bio et non bio) et de rester maître de la commercialisation. A ce jour, la Cuma n’est propriétaire que d’une remorque frigorifique. Son projet est d’investir dans un atelier collectif de découpe multiviande et de transformation. Un système modulaire, clés en main, aux normes sanitaires, du type de celui décrit en page 3.
Quelques chiffres
• 615 fermes investies dans une activité en circuit court
• 7,5% des fermes morbihannaises
• 2,3 UTH/ferme
• Localisation : essentiellement Sud et Ouest du département
•77 installations « nouveaux marchés » en 2009, en Bretagne (25 en 2004)
•16% des installations en « nouveaux marchés »
Légende photo : La Chambre d’agriculture, la Fdcuma et Bienvenue à la ferme organisaient une demi- journée d’information sur l’organisation collective de la transformation, de la distribution et de la commercialisation des produits agricoles en circuits courts, mardi dernier à Bohal. 125 personnes ont assisté aux différentes interventions.