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Morbihan (56)
La contractualisation en questions lors de la soirée laitière de la FDSEA / Pour des solutions collectives
 

Il faut être capable de créer, dès le début d’année 2011, des organisations de producteurs là où il n’y en a pas ». Un premier pas indispensable, selon Patrick Ramet, producteur de lait en Haute Savoie, pour faire face au désengagement politique des pouvoirs publics (disparition des outils de régulation). « Il faut fusionner les groupements existants, dans chaque région, en dépassant les conflits de personnes ». Le message est clair. La massification de l’offre est nécessaire afin de rééquilibrer le rapport de force entre producteurs et transformateurs. Un rôle que ne tiendrait pas, ou plus, les coopératives. « Le climat de défiance à l’égard des coopératives est lié au dysfonctionnement interne et, en particulier, au déficit d’animation de l’amont. Les administrateurs oublient le mandat que la base leur a donné  et ne pensent qu’au challenge industriel et commercial  de l’entreprise ».


Jusqu’au transfert de propriété


La structure collective disposerait du mandat de ses adhérents pour entamer des négociations commerciales avec des clients industriels privés. « Ce mandat de négociation serait inclus dans les statuts et donc validé par la signature d’un bulletin d’adhésion individuel pour chacun des producteurs ». Un mandat de facturation viendrait renforcer le dispositif. « Il faut remettre les choses dans l’ordre. C’est le fournisseur qui doit avoir la responsabilité de la facturation ». Les Ocep réaliseraient ces facturations, traduisant ainsi la volonté des producteurs de s’investir collectivement pour mieux maîtriser l’amont. La forme la plus aboutie de l’organisation collective, souhaitée par Laurent Kerlir, président de la FDSEA, intégrerait le transfert de propriété.
« La FNPL n’a pas vocation à proposer des contrats types », reprend Patrick Ramet. « Nous apporterons des moyens juridiques d’accompagnement à ceux qui auront en charge la proposition et la négociation de contrats entre Ocep et transformateurs ». Des contrats qui devront commencer par l’expression des attentes des deux parties ainsi que par l’expression de projet partagé. « Si on ne parle que de prix et de volumes, le système ne tiendra pas longtemps ». La profession propose des contrats de 5 ans minimum, renouvelables après renégociation. « Cela donne un peu de visibilité. En cas de défaillance de la laiterie ou de changement d’orientation industrielle, au bout du contrat, le producteur n’est pas seul à rechercher une nouvelle solution. Une organisation collective de producteurs peut diversifier sa clientèle. Le risque est minimisé ».
Bernard Laurent



Obstacles juridiques à la création d’Ocep

Les obstacles juridiques, pour la création d’Ocep, ne sont pas encore tout à fait levés. Le dernier décret du mois de novembre, visant à modifier les règles de concurrence en matière de droit européen, va dans le sens attendu par la FNPL. Une Ocep pourrait, si le texte est adopté définitivement, au deuxième trimestre 2011, regrouper jusqu’à 3,5% de la production européenne, soit environ 5 milliards de litres de lait. Suffisant pour une Ocep, à l’échelle d’une région. Au-delà de ce seuil, l’autorisation requise serait plus difficile à obtenir.




Embellie sur le marché laitier


Les cours  mondiaux des produits laitiers sont élevés, voire très élevés pour le beurre. On retrouve un niveau de prix supérieur à 2008. Les prix de la poudre de lait et du cheddar, bien que moins élevés, sont nettement supérieurs à la mauvaise année 2009. L’évolution de la production mondiale est modérée, depuis le début 2010 : +1,5 % aux Etats-Unis, +1,8 % en Nouvelle-Zélande, - 0,5 %  pour l’Union européenne à 27.  La demande est soutenue, sur 8 mois en 2010: Russie, + 3 % en beurre, + 31 % en fromages ; Japon + 31 % en fromages, Chine + 91 % en poudre grasse (effets de la défiance par rapport à la production locale : mélamine). Ce contexte plutôt porteur a permis d’observer une tendance à la hausse du prix payé aux producteurs dans tous les pays.  Par ailleurs, les stocks publics sont quasi inexistants pour le beurre. En France, la FNPL table sur une augmentation de 7% du prix pour le premier trimestre 2011. Une embellie qui devrait se poursuivre sur le deuxième trimestre.




Légende photo : La FDSEA organisait une soirée débat, lundi dernier à Baud, sur le thème de la création d’organisations de producteurs pour massifier l’offre de la production laitière.

 



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Date de l'article : semaine du N° du 10 au 16 Décembre 2010
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