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Ille et Vilaine (35)
Débat "Entre alimentaire et chimie verte" / Les céréales, au coeur des enjeux agricoles
 

Les responsables de la FDSEA d'Ille-et-Vilaine, en partenariat avec Agrocampus Ouest, ont mis en lumière les enjeux croissants concernant les céréales, à l'occasion d'une table ronde, le 25 novembre à Rennes. Après un rappel de la place des céréales dans l’histoire alimentaire française et mondiale réalisé par Pierre Feillet (Directeur de recherche honoraire à l’Inra) et une présentation de la chimie verte et des bioénergies issues des céréales par Paul Colonna (Délégué scientifique développement durable Inra), le débat s'est recentré sur le marché mondial des céréales.
Pierre Le Roy (Fondateur de la revue Globeco et Directeur honoraire d’Unigrains) a chiffré la consommation mondiale de céréales à 2,5 milliards de tonnes (maïs, blé et riz en tête). "Un niveau qui devrait augmenter du fait d'une demande non alimentaire et alimentaire croissante. Dans les pays développés, la moitié des céréales alimentaires est consommée par l'élevage. Par contre, la consommation de viande rouge a tendance à diminuer. Dans les pays émergents, l'utilisation par l'élevage s'accroît. La Russie, le Brésil, la Chine augmentent leur consommation de viande. Peut-être que l'Inde suivra".
Ajoutons à cela l'augmentation considérable de la population sur terre, qui devrait atteindre 9 milliards d'hommes en 2050. La production de céréales est donc un enjeu majeur pour l'humanité. "Des pays comme le Japon, la Corée, l'Arabie Saoudite achètent des terres en Afrique : des achats préventifs en cas de manque de capacité de production", situe Xavier Beulin, président de France AgriMer.


OGM, non alimentaire...


La question des OGM en blé a été évoquée par Pierre Le Roy qui constate que "l'augmentation des rendements de maïs aux USA est notamment due à l'utilisation d'OGM". Pour Xavier Beulin, "le débat sur les biotechnologies doit se poursuivre dans un contexte où la génétique traditionnelle marque le pas". Autre facteur de compétitivité, il met en avant l'atout que représentent les outils de transformation français, en termes de sécurité-traçabilité, d'empreinte carbone.
S'agissant de la concurrence avec le non alimentaire, le président de France AgriMer relativise : "Les biocarburants concernent moins de 2% de la surface agricole mondiale. Dans les pays occidentaux, près de 25% de la production est mise à la poubelle. Et les pays émergents connaissent des pertes importantes au champ et lors du stockage".


Fluctuations


Les difficultés se situent plus du côté des fluctuations de prix, pour les céréaliers comme pour les éleveurs. Les échanges internationaux ne concernent que 10% du blé ou du maïs, mais ils font le cours. "Dès l'annonce de baisse de production dans certaines zones, des mouvements de spéculation apparaissent", ajoute Pierre Le Roy donnant des pistes pour contrer les fluctuations de prix : marchés à terme, assurances. De son côté, Xavier Beulin incite les utilisateurs de céréales "à se couvrir sur une plus longue période".

Agnès Cussonneau




Légende photo : Xavier Beulin, président de France AgriMer.

 



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Date de l'article : semaine du N° du 10 au 16 Décembre 2010
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