
Même si le lobbying de la FNPL a apporté quelques résultats inscrits dans le projet de la Pac 2013 (gestion de crise, budget...), l'orientation libérale engagée par la Commission européenne ne changera pas", a déclaré Patrick Ramet, producteur de lait et membre du bureau de la FNPL, lors de la journée laitière FDSEA et JA 35, le 6 décembre à Pacé. Et d'ajouter : "Nous devons être réalistes, les quotas laitiers ne reviendront pas".
Partant de ce constat, le responsable a présenté aux éleveurs la nouvelle organisation laitière imaginée par la FNPL. Baptisée Ocep (Organisation collective et économique des producteurs), elle est axée sur des outils visant à amortir les fluctuations du marché et à équilibrer les rapports entre les acteurs de la filière.
"Puisqu'ils se désengagent de l'économie agricole, nous avons demandé aux pouvoirs publics de nous donner les moyens de nous organiser dans un cadre privé". Avec des principes de base. Premièrement, les producteurs ne doivent pas être en confrontation directe avec les entreprises. Deuxièmement, ils ne doivent pas être concurrents entre eux.
Le mandat de négociation aux Ocep
Les Ocep auront donc pour vocation première de massifier l'offre. "Nous préconisons un rapprochement d'abord par entreprise. A long terme, les Ocep pourraient travailler avec plusieurs entreprises pour sécuriser les revenus". A la base des Ocep, le mandat de négociation permettra aux représentants de réaliser les discussions commerciales avec les acheteurs de lait.
Autre point défendu par la FNPL, "la reprise en main de la facturation est un élément politique fort du rééquilibrage entre acteurs. Dans une relation commerciale, c'est au fournisseur d'établir la facture et non pas au client. Et la facturation permettra aux producteurs de connaître les données permettant de négocier (volumes, qualité, saisonnalité)". La collecte et le transfert de propriété seront possibles dans les Ocep, mais décidés par les producteurs.
Le rôle de la FNPL
Dans cette nouvelle organisation, les responsables souhaitent conserver un sens politique en coordination avec l'économique. "La FNPL va garder son rôle de représentation des producteurs dans l'interprofession et négociera des accords de branches - incluant des indicateurs de prix - que les Ocep feront appliquer dans les contrats. Le syndicalisme sera aussi chargé de la gestion des dossiers transversaux (Pac...), des actions en période de crise..."
"La gestion administrée et les financements pour l'agriculture, c'est fini. Nous devons aujourd'hui nous prendre en main", déclare Benoît Champalaune, président de JA 35. "Les contrats ne sont qu'un outil dans le maintien d'une organisation collective face au rouleau compresseur européen du tout libéral", ajoute René Collin, président de la FDSEA 35. Le cap est donné. Suivront, à partir de janvier, des réunions de terrain où seront développées l'organisation et la mise en place des contrats.
Agnès Cussonneau
Légende photo : Marcel Denieul (à gauche) et Patrick Ramet sont tous les deux membres du bureau de la FNPL. Le syndicat porte actuellement vers les producteurs son projet d'organisation collective.