
L'enquête volaille de chair des Chambres d'agriculture montre le chemin parcouru par les marges depuis 2005-2006. En l'espace de 5 ans, les marges brutes des poulets exports ont évolué de 21,2 à 37,2 euros/m2/an soit une progression de 75 %. Moins spectaculaires, les augmentations sont sensibles en poulet standard (+43 % en 5 ans) et en dinde (+44 %).
"L'amélioration de 2009-2010 est liée à la bonne tenue des marchés export et de la consommation intérieure", souligne Christian Delabrosse, (Chambre d'Agriculture 56). La productivité évolue favorablement et les résultats techniques sont bons (hors-texte). Le calcul des marges en euros constants sur longue période (19 ans) montre que les marges PA (Poussin-aliment) actuelles sont au même niveau que celles de 1990. Par contre, les charges variables, dont l'énergie ont progressé, ainsi que les charges fixes. "Au final, le solde disponible pour l'éleveur (10,52 euros/m2/an) est inférieur à celui obtenu il y a 19 ans (14,30 euros/m2/an), en euros constants".
Peut-on aujourd'hui faire face au remboursement d'un bâtiment neuf (coût de 190 euros/m2/an) ? L'annuité (emprunt sur 10 ans) s'élève à 23,4 euros/m2/an. "Si l'éleveur a des résultats moyens, il lui reste 20,70 euros pour rembourser l'annuité, ce qui est insuffisant", explique C. Delabrosse. "S'il se trouve dans la première moitié des résultats, il dispose de 29,80 euros. Après remboursement, il lui reste 6,38 euros/m2, ce qui est faible par rapport à l'engagement et au risque". Par contre, en reprise de bâtiment d'occasion et financement par prêt JA, le solde disponible est positif pour l'éleveur moyen (7,14 euros/m2) et correct si les résultats sont dans la première moitié (14,54 euros/m2). Ce constat pose le problème du renouvellement des éleveurs et du parc de bâtiments vieillissant.
Patrick Bégos
Photo : La progression des critères techniques a permis l'amélioration des marges volailles.