
Être assureur face à l’océan Atlantique expose aux risques climatiques. Après avoir essuyé les dégâts de Claustre, la tempête Xynthia a pesé à nouveau sur ce que les responsables de Groupama appellent la sinistralité.
L’impact climatique est encore plus important quand on est assureur en milieu rural. Ainsi, en 2010, l’épisode neigeux a provoqué 1 300 sinistres dont 80 à 85 % dans les Côtes d’Armor. Quatre cents dossiers à moins de 5 000 euros ayant été traités par les commissions locales d’expertise.
Le contact avec le sociétaire
Pour Groupama, cette opération est considérée comme l’exemple de ce que l’assureur mutualiste est en mesure de réussir. Le contact avec le sociétaire dans une situation difficile est essentiel. « Il a besoin d’être rassuré sur la couverture du risque et d’être réconforté moralement. Ce ne sont pas que des m2 à rembourser ».
Tous ces événements climatiques ont des conséquences sur les résultats de Groupama Loire Bretagne. Christian Cochonnec, directeur général, chiffre le coût cumulé pour ces deux événements à 36 millions d’euros et un impact de 5 points du rapport sinistre à cotisation sur ce risque.
D’autres risques se sont aussi dégradés : l’automobile, l’incendie en recrudescence. Il cite deux gros dossiers, l’un de 4,8 millions pour la Coopérative Terrena en Maine-et-Loire, et l’autre de 1,8 million pour 6 appartements dans un immeuble détruit à Rennes. Le résultat, « qui sera en retrait par rapport à 2009 », subit aussi les répercussions du contexte financier pas très encourageant et des décisions de prélèvements de l’Etat sur les réserves de capitalisation des assureurs. Un ensemble d’éléments qui conduit à rendre Christian Cochonnec prudent dans l’annonce de chiffres précis.
Garder la compétitivité
Il se veut cependant rassurant, lorsqu’il est interrogé sur les tarifs pour 2011. « L’augmentation de la sinistralité fait que déjà plusieurs assureurs ont annoncé des hausses de cotisations. Nous entendons garder notre compétitivité », a-t-il précisé. Et d’ajouter que Groupama a enregistré depuis de début de l’année de bonnes performances avec des soldes positifs au niveau des contrats : 1 500 en auto, 1 000 en habitation, 1 000 en garanties accidents de la vie (GAV). Et persuadé que le bon positionnement, notamment en automobile, permettrait encore de gagner des parts de marchés. Parmi les autres priorités de Groupama figure l’amélioration de la performance opérationnelle, entre autres par la maîtrise des frais généraux.
Jean-Luc Baucherel, président de Goupama Loire Bretagne et de Goupama SA, insiste sur la croissance soutenue du groupe tant en France qu’à l’international. Il a aussi mis en évidence divers partenariats avec la Banque postale pour la distribution de produits, avec le groupe Casino pour de l’assurance, avec ProBTP pour de la complémentaire santé et même avec Renault-Dacia pour de l’assurance auto en Roumanie. « La diversification et l’international permettent de consolider le groupe. Aujourd’hui, 30 % du chiffre d’affaires de Groupama se fait à l’international », évalue Jean-Luc Baucherel.
Didier Le Du
Une Fédération pleine de vie
La Fédération Groupama du Finistère est composée de 119 caisses locales. Sur le département, une caisse locale compte en moyenne 1 139 sociétaires et est pilotée par environ 13 administrateurs. « Nous cherchons à rajeunir et à féminiser les élus », indique Michel L’Hostis, président de la Fédération départementale, qui parle d’un objectif de «1/4 de moins de 45 ans et ¼ de femmes pour les prochaines années. Ainsi que ¼ de non-agriculteurs pour mieux refléter notre sociétariat ».
« Dans le Finistère, Groupama est déjà très bien implanté, mais des parts de marché importantes existent encore en zone urbaine », ajoute François Guivarc’h, directeur de la fédération départementale.
La commission « risques et prévention » se réunit 2 à 3 fois par an. Cette commission gère des cas particuliers qui n’ont pas pu être gérés par le service « sinistres » de l’entreprise. Au sein de cette instance, l’action mutualiste, dont « les fondements sont l’entraide et la solidarité, prend tout son sens », rappelle Michel L’Hostis.
« En lien avec la Fondation Groupama pour la Santé, la Fédération du Finistère lutte contre les maladies rares. L’objectif est de faire connaître les maladies et d’apporter un soutien aux malades et à leurs familles », explique encore M. L’Hostis. Et d’ajouter : « En 2010, à l’occasion des 10 ans de la Fondation, près de 27 000 euros ont ainsi été collectés par la Fédération. Parallèlement, 10 000 euros ont été versés à l’association Vaincre la Mucoviscidose pour faire progresser la recherche, par le soutien au professeur Magnan, basé à Nantes ».
Enfin, la Fédération pilote les actions locales. « Les Caisses Locales peuvent engager des actions en direction de leurs sociétaires actuels ou futurs sur plusieurs thématiques : actions de prévention ; actions de communication, sur l’axe « sports nature » lors d’événements comme le Tro Menez Are, Trail du Bout du Monde, Fête Forme et Santé, Rando de l’Espoir, etc. ».
Légende photo : Michel L’Hostis, président de la Fédération du Finistère, et François Guivarc’h, directeur.