Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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Côtes d'Armor (22)
Coopérative Garun-Paysanne / Renforcer l’amont des filières est urgent
 

Après le rapprochement des deux structures, finalisé fin 2009, la Coopérative Garun-Paysanne a tenu sa première assemblée générale ordinaire, le mercredi 1er décembre à Dinan. « Une année de démarrage, précisent le président Jean-Luc Cade, et le directeur, Jean-Michel Adenot. Un temps nécessaire pour rapprocher les équipes avec un regroupement administratif sur le site d’Hénansal, et créer des gammes communes... »


Pression sur les prix


Evidemment pour la coopérative, dont le cœur de métier est la fabrication de l’aliment, l’évolution du  marché reste une préoccupation majeure. Un marché caractérisé par une baisse en tonnage et une concurrence exacerbée sur le prix.  Ainsi, par rapport à l’exercice 2008/2009, le prix moyen facturé, toutes espèces confondues (382 560 tonnes) à baissé de 28 euros/tonnes. L’écart passe même à 39 euros pour l’aliment porc . Une tension qui a fortement affecté le résultat de la coopérative. Depuis  le début 2010, la coopérative évolue comme le marché, constatant toujours une certaine érosion du secteur porcin, une stabilité pour l’aliment volaille, et une forte progression des aliments bovins, supérieure à 9 %.
Si la pression est jugée exagérée sur  les prix, les responsables de la coopérative n’ignorent cependant pas que les éleveurs aussi doivent courber l’échine.  D’ailleurs pour son président, il est urgent d’agir. « Les éleveurs de porcs ne pourront pas supporter de telles dépressions sur le prix, cumulées avec une flambée du prix des matières premières ». Il rajoute : « Cette situation n’est d’ailleurs pas durable pour la coopérative, dont la stratégie repose sur des clients qui s’en sortent économiquement. Clairement sur des éleveurs en capacité de la payer ».
Dans l’immédiat, le plus inquiétant est que les perspectives de retour à des prix plus abordables des matières premières ne sont pas d’actualité. « C’est donc sur un redressement du cours du porc qu’il faut compter ». Dans le rapport d’orientation présenté à l’assemblée générale, après avoir dénoncé la confiscation des marges par les GMS, il insiste sur l’étiquetage. Sans en faire une solution à tous les problèmes au sein de la filière, il estime que « une meilleure information du consommateur devrait permettre de privilégier la viande d’origine  française ». Un geste citoyen, reprenant la formule « que nos achats conditionnent nos emplois ». Et sans doute en Bretagne plus qu’ailleurs .


Retrouver de la compétitivité


Ces aspects conjoncturels ne doivent cependant pas éluder les problèmes structurels. « La Bretagne a perdu de sa compétitivité, d’une part avec  l’augmentation des charges, d’autre part du fait de la concurrence intra-européenne (Allemagne). Les raisons sont multiples tout au long de la filière », explique Jean-Luc Cade.
Les voies de retour à la compétitivité passent, selon lui ,par une évolution des structures de production autour de trois axes : cohérence économique, cohérence sociale, cohérence sanitaire. Ainsi, s’il estime que la taille n’est pas forcément un critère déterminant, la maîtrise des coûts de production le sera. Il s’interroge aussi sur l’opportunité d’encourager des jeunes à s’installer seuls sur des ateliers qui nécessitent une présence permanente. Ses souhaits : « un assouplissement des contraintes (administratives notamment) pour accompagner la restructuration, un engagement des politiques et un signe fort des pouvoirs publics témoignant d’une confiance en l’avenir ». La coopérative ayant par ailleurs développé en interne des outils d’accompagnement des éleveurs. « Pour identifier et actionner des sources de profit non encore mobilisées et anticiper ».
Cette conjoncture particulière amène aussi les fabricants d’aliments à s’intéresser à d’autres sources de protéines. C’est le cas des drêches de maïs américaines, coproduits de la production de bioéthanol, riches en protéines. Même si pour le moment des obstacles d’ordre réglementaire freinent leur importation vers l’Union européenne. « Leur introduction permettrait un gain compris entre 6 et 8 euros par tonne d’aliment porc, et  jusqu’à 15 euros en aliments volailles », témoigne, Jean-Michel Adenot.
Jean-Luc Cade conclut sur la nécessité de renforcer la dimension amont des filières. Persuadé en outre qu’il faut bâtir « un projet régional des productions animales, et dépasser les  querelles de chapelles ».

Pierre Dénès



Coopérative en chiffres

- Tonnages aliments : 382 560 tonnes
- Collecte de céréales : 130 800 tonnes
- Chiffre d’affaires : 95,4  millions d’euros
- Capitaux propres : 11,7 millions d’euros
- Fonds de roulement : 6,7 millions d’euros




Légende photo : Jean-Luc Cade, président, entouré de Jean-Michel Adenot, directeur général (à gauche) et de Pacifique Denoual, directeur général adjoint.

 



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Date de l'article : semaine du N° du 10 au 16 Décembre 2010
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