
Il y aura une Pac demain. C'est déjà un point positif", a commencé Jean-Michel Lemétayer, lors le Session de la Chambre d'agriculture du 26 novembre à Rennes. Sur les orientations stratégiques proposées par la Commission européenne – sécurité alimentaire, productions diversifiées et de qualité, dynamisme des zones rurales, préservation de l'environnement – aussi, le président de la FNSEA est en accord.
Quel rééquilibrage des aides ?
Mais il soulève un point majeur à déterminer dans l'immédiat : quel sera le budget ? "La DPU de base sera-t-elle de 200 ou de 160 euros ? Et comment va se faire le rééquilibrage des aides au niveau des 27 Etats-Membres ?". Intervenant devant les élus, Elise Thomazo, responsable du service "Politiques économiques et filières" à l'APCA (Assemblée Permanente des Chambres d'agriculture), a précisé que le projet de la Commission européenne visait un rééquilibrage encadré du premier pilier, la moyenne des aides devant se rapprocher de la moyenne européenne. Pas plus de précision.
Sur les deux piliers de la Pac, une évolution est aussi envisagée. "Chaque pilier comprendrait de l'économique et de l'environnement. Le premier pilier serait réservé au soutien annuel de l'ensemble des agriculteurs. Le deuxième répondrait à des mesures ciblées sur une base pluriannuelle". Jean-Michel Lemétayer souhaite que la Commission européenne (CE) n'ajoute pas de contraintes supplémentaires en matière d'environnement. "De nombreuses actions sont déjà réalisées par les agriculteurs, mais l'opinion publique ne le sait pas. La simplification administrative est un autre enjeu".
Filet de sécurité en cas de crise
Côté régulation des marchés, "la CE ne tient pas compte de la crise de 2009". Certes, les outils restants sont maintenus, ce qui marque une rupture positive avec les tendances passées. "Mais ces mesures ne devraient servir que de filet de sécurité à déployer en cas de crise", note Elise Thomazo. L'APCA fait sur ce sujet plusieurs propositions : "Le stockage public des céréales doit être renforcé et des outils d'intervention doivent être proposés dans les autres productions. De plus, l'organisation doit être mise en avant avec le regroupement des producteurs, la connaissance et la transparence sur les marchés, la contractualisation et les outils de type "marchés à terme" (sous réserve de mieux réguler ces marchés)".
Lors de la session, les élus ont voté une motion visant la reconnaissance des OP et AOP (Associations d'organisations de producteurs). "Tout comme les activités industrielles et commerciales, l'agriculture doit pouvoir se regrouper pour peser dans la filière. L'Etat doit renforcer le maillon de production en facilitant la mise en oeuvre des OP", ont déclaré les élus.
Pour Gilles Guillomon, "il ne faut pas tout attendre de l'Europe qui n'a pas changé ses grandes orientations. Nous devons réfléchir aux clés de la compétitivité départementale et régionale". Joseph Ménard, président de la Chambre d'agriculture, a rappelé que le Paar (Projet agricole et agro-alimentaire régional) est en cours d'élaboration. "Une réelle solidarité démographique, économique et technologique peut s'exercer dans ces espaces de proximité".
Agnès Cussonneau
Photo :"Chacun des premier et deuxième piliers comprendrait de l'économique et de l'environnement", précise Elise Thomazo, responsable du service "Politiques économiques et filières" à l'APCA.
Intégration de l'Adasea à la Chambre d'agriculture
Suite logique de la baisse budgétaire engagée en 2001, les activités et le personnel de l'Adasea d'Ille-et-Vilaine (8 personnes) vont être intégrés à la Chambre d'agriculture départementale au 1er janvier 2011. Une filière Chambre nommée Odasea va être créée. Autre changement conséquent dans l'organisation et le budget de la Chambre 35 : le transfert de l'activité "Recherche appliquée" - qui concerne 11 agents à temps plein - à la Chambre régionale. L'heure est à l'optimisation des fonds...