
Vendredi 26 novembre à Goven, agriculteurs et responsables agricoles sont venus rencontrer le député européen Stéphane Le Foll (PS), pour débattre avec lui des enjeux de la réforme de la Pac. Membre de la Commission agricole du Parlement européen (qui est codécideur de cette réforme), il était invité par Jean-René Marsac (PS), député d'Ille-et-Vilaine.
Stéphane Le Foll s'est montré peu optimiste sur le budget de la future Pac, dans un contexte de crise économique très forte. "Les Anglais notamment souhaitent réduire leur budget pour l'Europe et l'agriculture". Il se montre déçu par le peu de régulation des marchés prévu par la Commission européenne. "L'Europe ne veut pas d'interprofessions. Il faudrait plutôt raisonner avec un contrat européen avec des variabilités de la production. Il faudrait également apporter une flexibilité au budget pour les crises majeures. Actuellement, nous n'avons plus de marges, c'est très dangereux".
Verdissement du premier pilier
S'agissant des aides, le député européen apprécie les leviers prévus dans le premier pilier pour le maintien de couplages. "Un découplage total entraînerait une perte de la diversité des productions", juge-t-il. Il note par ailleurs le verdissement du premier pilier où vont être renforcées les bonnes pratiques environnementales, notamment concernant les rotations de cultures et les prairies permanentes. Autre nouveauté : le plafonnement des aides et la prise en compte des petites exploitations (mais où se situe le curseur pour l'Europe ?). "Nous allons continuer à travailler sur le lien entre les aides et l'emploi qui nous semble essentiel", ajoute Stéphane Le Foll.
Le député du groupe "Socialistes et démocrates" a rappelé les enjeux majeurs portés par l'agriculture. Au niveau alimentaire d'abord : "Sur terre, plus d'un milliard d'hommes sont victimes de malnutrition. Dans trente ans, nous allons devoir nourrir trois milliards d'êtres humains supplémentaires". Preuve de l'enjeu stratégique de l'agriculture et de l'alimentation : "les spéculateurs s'y intéressent aujourd'hui. Et certains Etats achètent des terres, en Afrique notamment, pour assurer leurs approvisionnements de demain". L'agriculture est aussi concernée par l'enjeu environnemental autour des thématiques de réchauffement climatique, de biodiversité et de ressources naturelles. "Dans ce contexte, l'Europe a besoin de maintenir une Pac forte".
Agnès Cussonneau
Photo : Jean-René Marsac, député d'Ille-et-Vilaine (à gauche), avait invité le député européen Stéphane Le Foll, pour débattre des enjeux de la réforme de la Pac.