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Finistère (29)
Production laitière / Reprise espérée pour 2011
 

Etablir des prévisions est toujours risqué. De plus en plus. Pour autant que la tâche soit difficile, Anne-Yvonne Hénot, ingénieur au bureau CER-Chambre d'agriculture, fait observer que « les fondamentaux de marché sont là pour une hausse du prix du lait en 2011 ». Et d’ajouter : « La reprise économique se confirme dans les pays développés et fait progresser la demande mondiale. La demande est dynamique dans les pays émergents ».
En parallèle, la production est en hausse dans les grandes zones productrices mondiales. « Le marché est tendu pour la matière grasse ; les cours sont moins élevés en poudre », poursuit la spécialiste. Quant au marché européen, « il reste porteur malgré les stocks de poudre ». Reste enfin la question de savoir si, le cas échéant, les GMS accepteront de passer les hausses.


Trésoreries dégradées


Au niveau des exploitations, le redressement  du marché s’est déjà traduit par une hausse du prix du lait de 10 % en 2010. Le prix moyen payé est de 307 €/1 000 litres sur le Finistère (279 € l’an dernier). « Sachant qu’il y a une saisonnalité importante entre les exploitations ». Et donc une variation de prix perçu.
Ce prix payé de 307 € reste insuffisant au regard du coût de revient évalué à 325 €/1 000 litres sur les dernières clôtures. D’autant que les trésoreries se sont dégradées de 26 €/1 000 litres ces deux dernières années. Cela fait beaucoup pour les exploitations laitières qui n’ont pas la même capacité que les élevages de porc pour se refaire une trésorerie. « 28 % sont
au-delà des normes bancaires (- 50 €/1 000 litres) ». Pour limiter le « trou », nombreux sont les agriculteurs qui ont minimisé leurs prélèvements. Un opération difficile quand on sait que le creux du revenu par UTHF a été de 7 960 € pour les clôtures du 1er trimestre 2010.


Charges de structure en hausse


Les charges opérationnelles ont tendance à diminuer (-12 €/1 000 L en 1 an) et reviennent à leur niveau de 2008. Une évolution à mettre au crédit de la baisse du prix des céréales et des engrais ; sans oublier le réajustement des quantités de concentré distribué comparativement à l’augmentation enregistrée en 2008 pour réaliser les références supplémentaires octroyées. Reste à présent à espérer que la tendance haussière au niveau du prix des matières premières ne grignotera pas les gains enregistrés au niveau des charges opérationnelles.
Les charges de structure ont, quant à elles, augmenté de 13 €/1 000 litres en 2 ans. « Les investissements de 2008 se ressentent toujours », observe A.-Y. Hénot qui en profite pour rappeler que le niveau d’annuités doit rester dans une fourchette de 65-70 €/1 000 litres. Aller au-delà, c’est prendre des risques avec des retournements de conjoncture de plus en plus probables pour les années à venir. « Dans l’état actuel de l’endettement de certaines exploitations, une conjoncture moyenne passe mal pour les années à venir »
Autrement dit, prudence au regard des investissements et des systèmes d’élevage. Prudence encore lors des reprises d’outils qui doivent être rachetés « au juste prix » et non pas au prix d’une valeur patrimoniale. « Aujourd’hui, les croissances rapides d’ateliers ont du mal à passer. On peut, dans certains cas, parler de crise de croissance, voire de faillite de croissance ».


Didier Le Du



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Date de l'article : semaine du N° du 3 au 9 Décembre 2010
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