Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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Côtes d'Armor (22)
Journée lait de la FDSEA / Profiter du contexte pour construire de nouvelles relations
 

Pour Benoit Rouyer,  Economiste au Cniel, intervenant lors de la journée laitière de la FDSEA/Jeunes Agriculteurs, les clignotants de l’économie laitière restent pour le moment au vert. « Les cours  mondiaux des produits laitiers sont élevés, voire très élevés pour le beurre ». On retrouve effectivement un niveau de prix supérieur à 2008. Les prix de la poudre de lait et du cheddar, bien que moins élevés sont nettement supérieurs à la mauvaise année 2009.
Les indicateurs de production des principaux fournisseurs du marché mondial ne laissent entrevoir qu’une évolution modérée depuis le début 2010 : +1,5 % aux Etats-Unis, +1,8 % en Nouvelle-Zélande, - 0,5 %  pour l’Union européenne à 27 et l’Australie.  Alors que la demande est assez soutenue. Ainsi sur 8 mois en 2010, les tendances d’importations illustrent cette demande : Russie, + 3 % en beurre, + 31 % en fromages ; Japon + 31 % en fromages, Chine + 91 % en poudre grasse.
Ce contexte plutôt porteur a permis d’observer une tendance à la hausse du prix payé aux producteurs dans tous les pays. « Aux environs de 300 euros/tonne », précise Benoît Rouyer.  Par ailleurs les stocks publics sont quasi inexistants pour le beurre. Il constate aussi une tendance haussière, mais sans rattrapage, du marché de détail en Allemagne, à l’exclusion du fromage.


La production à la hausse


Sur le plan national, la collecte se redresse fortement depuis août, avec + 12 % en septembre et + 8 % en octobre. Benoît Rouyer prévoit une hausse comprise entre 3 et 4 % sur l’année civile et 5 % sur la campagne. Rappelant toutefois une sous-réalisation de 9 % sur la campagne 2009/2010. Les écarts de prix avec l’Allemagne sont modérés. Par contre, les coûts de production augmentent de nouveau, du fait de deux postes : l’énergie et l’aliment.
La transformation voit ses fabrications de produits destinés à la grande consommation évoluer favorablement au niveau des fromages (+ 4%) et des yaourts (+1,8%).  Et  le bilan du commerce extérieur des fromages s’est nettement redressé. Mais si les volumes de la vente au détail sont satisfaisants, les prix sont à la baisse depuis un an. Ainsi la vente des fromages en libre-service progresse de 2,9 % en volume, mais régresse de 1,9 % en prix. Idem pour l’utra-frais dont les volumes de vente augmentent de 3 % et baissent en prix de 1,9%.


Contractualisation et régulation


Cette analyse offre toutefois quelques perspectives plutôt favorables, au moins pour le premier semestre 2011. Au-delà, il est difficile de se prononcer dans un contexte de concurrence européenne exacerbée. Les avantages de l’Allemagne, selon  les secteurs, ont été mis en évidence :  fiscaux, diversification avec la production d’énergie, aides à l’investissement en fonction des Landers. « Mais, estime Gérard You, de l’institut de l’élevage, la Bretagne a aussi des avantages, liés à de bonnes conditions climatiques et à un prix du foncier plus bas ». Il rappelle que les coûts alimentaires sont en moyenne assez bien maîtrisés. Les charges de structures restent élevése, bâtiments, mécanisation. « La restructuration devrait permettre de les diluer. Il y a des réserves de productivité ».
Damien Lacombe, vice-président de la coopérative Sodiaal est lui aussi persuadé que « la région Bretagne va se conforter ». C’est probablement l’une des raisons qui a poussé le groupe coopératif à s’intéresser à la reprise d’Entremont Alliance. « Il faut que nos entreprises atteignent des dimensions suffisantes pour peser sur les marchés ».  Il estime que la contractualisation doit à la fois apporter de la sécurité aux producteurs et aux entreprises et permettre de capter des opportunités pour l’export. Il ne la voit cependant pas sans une certaine régulation.
Frank Guéhennec, secrétaire général de la section laitière de la FRSEAO, pour qui une maîtrise des volumes reste également indispensable, réfute toute contractualisation individuelle qui  placerait le producteur seul face à son entreprise. « Il faut avant toute chose renforcer le maillon des organisations des producteurs, à caractère économique et non syndicale ». Et pour éviter les concurrences, il propose de les fédérer, y compris les coopératives.  « La LMA donne des outils pour bâtir cette contractualisation », note Sylvain Réallon, chef du service régional de l’économie et des filières agricoles et agroalimentaires à la DRAAF. Il invite les interprofessions à proposer rapidement, faute de quoi, c’est la législation qui s’en chargera.

Pierre Dénès


Photo : De gauche à droite : Frank Guéhennec, secrétaire général de la section laitière de la FRSEAO, Sylvain Réallon, chef du service régional de l’économie et des filières agricoles et Agroalimentaires à la DRAAF, Damien Lacombe, vice-président de la coopérative Sodiaal et Gérard You, de l’institut de l’élevage.


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Date de l'article : semaine du N° du 3 au 9 Décembre 2010
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