
Depuis deux ans, je n'utilise plus de traitement allopathique pour soigner les mammites", déclare Jean-Yves Guémin, éleveur laitier (200 000 L de quota, 35 VL Montbéliardes). Il a en effet recours à une méthode plus naturelle qui fait ses preuves sur son élevage : les huiles essentielles (HE). "En cas de mammite sans inflammation, j'utilise un mélange d'huiles essentielles de bois de rose, de thym, de romarin (une variété de chaque). En cas d'inflammation, c'est un mélange d'HE d'eucalyptus, de thym et de romarin qui est appliqué".
Quelques gouttes sont déposées sur l'échine de l'animal, à l'endroit où les poils forment un épi. Le traitement est effectué deux fois par jour au compte-goutte, pendant une semaine. Un protocole carré mis en place et affiné dans le cadre des formations de son groupe Adage*. "Il est important de se former pour acquérir de l'autonomie dans l'utilisation de ces produits", indique Mathilde Boutin, animatrice Adage.
Cinq euros maxi par traitement
"Nous travaillons sur les huiles essentielles depuis deux ans, avec l'aide de Michel Derval, aromathérapeute. Au fil du temps, nous avons amélioré la technique. Aujourd'hui, nous allons plus loin en observant davantage les animaux. Les huiles ne sont plus appliquées en mélange, mais sont positionnées seules en fonction du stade de la mammite", ajoute Jean-Yves Guémin.
L'autre avantage des HE, et pas des moindres, c'est le coût. "Le prix d'un traitement est variable selon les huiles utilisées, mais ne dépasse pas 5 euros". Raison supplémentaire pour laisser les antibiotiques au placard : "Elles permettent d'intervenir très vite et de jeter moins de lait, car il n'y a pas de résidu". Depuis qu'il utilise les huiles essentielles, l'éleveur ne comptabilise pas plus, ni moins de mammites, mais "les rechutes sont plus rares".
Egalement contre les métrites, les boiteries, en vermifuge…
Sur son élevage, il utilise également les huiles essentielles contre les métrites, les boiteries, en vermifuge. Chez d'autres éleveurs, elles agissent contre la toux et les diarrhées des veaux, les panaris et la non délivrance. Elles peuvent également favoriser l'expression des chaleurs.
En première année de conversion en agriculture biologique, Jean-Yves Guémin voit dans les huiles essentielles un moyen de répondre plus facilement à ce mode de production qui limite les traitements médicaux traditionnels. Et d'ajouter un zeste de meilleur confort de travail. "L'aiguille est plus stressante pour l'animal, et pour l'éleveur dans sa manipulation".
Agnès Cussonneau
* Association d'éleveurs d'Ille-et-Vilaine dont le système fourrager repose sur l'herbe pâturée.