
La mention Viande porcine française (VPF) sur les emballages correspond à un cahier des charges français bien précis et unique en Europe, qui n’est pas suffisamment valorisé auprès du consommateur explique Jean-Michel Serres président de la Fédération nationale porcine (FNP) . « L’essentiel de la viande porcine est sous VPF » mais pas complètement d’où la nécessité de cette mention d’origine.
Pas de mention d’origine sur l’emballage des produits
La Fédération des industriels charcutiers traiteurs (Fict) a évolué sur le sujet et comme le précise Jean-Michel Serres, « elle va rentrer dans l’association ». Mais si la Fict accepte de la voir affichée sur les prospectus ou les affiches publicitaires, visiblement elle se refuse à la voir collée sur l’emballage du produit lui-même. Dans un communiqué de presse du 25 novembre, elle se dit « prête dans un but de meilleure information du consommateur à demander à ses adhérents de compléter les mentions “fabriqué en France”, “élaboré en France” et “transformé en France” avec l’indication de la provenance des viandes porcines utilisées pour la fabrication de la charcuterie/salaison ». Proposition jugée insuffisante par les producteurs. Pour eux, outre le manque de clarté du message, ce dernier n’est apposé que sur 10% des produits de charcuterie et les industriels ne se sont pas engagés à en étendre le principe. La Fict rappelle, par ailleurs, « que, sur le marché unique européen, la réglementation prévoit l’indication volontaire de l’origine des matières premières utilisées dans les produits élaborés. Cette mesure ne peut pas être généralisée dans le contexte actuel de la concurrence européenne. » L’accord n’a donc pas été conclu.
Bloquer les financements d’Inaporc
Autre raison du blocage, selon la FNP, provient « de la décision du Comité régional de Bretagne, de Coop de France Bétail et Viande et du Syndicat national des industriels de la viande (SNIV-SNCP) de bloquer les financements d’Inaporc en l’absence d’accord », espérant ainsi faire évoluer la situation. Une réunion devait avoir lieu le 2 décembre et en cas d’échec, la FNP promettait « des actions ».
Photo : La mention d’origine des viandes n’apparaît que dans 10% des produits de charcuterie.
La distribution, pour la mention d‘origine
« Nous avons dit aux industriels que nous n’acceptions pas que le travail que nous faisons, nous, de transparence vis-à-vis du consommateur sur nos propres marques et la viande fraîche ne soit pas fait par les industriels », a fait valoir Jérôme Bédier, président de la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD). Ce dernier a qualifié de « très paradoxal » que « les producteurs veulent s’en prendre à leurs principaux partenaires dans cette affaire ». La FCD a été à l’origine de la demande de mention d’origine, a-t-il ajouté.