Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " PRODUCTIONS " | Porcs | Article n°11329 |
Recherchez  dans  Recherchez
Recherche avancéeRecherche avancée
Archives (prochaine parution le 25 mai 2012) Recevoir les articles par mailAlerte email
 
 
Porc / La vraie difficulté est de répercuter la hausse du coût de production - Une mention d’origine résoudra-t-elle la crise ?
 

À la question de savoir si la mention d’origine, que réclame la Fédération nationale porcine (FNP), résoudra la crise économique dans laquelle sont actuellement les éleveurs de porc, Jean-Michel Serres, son président, répond : « C’est une condition nécessaire mais pas suffisante. » Si toute la grande distribution française arrivait à un consensus pour appliquer cette mention d’origine sur ses produits en frais et charcuterie, le prix du porc français ne remonterait que de quelques centimes. Mais, comme l’exprime Jean-Michel Serres, c’est toujours cela de pris « dans un contexte où il manque 0,2 e/kg carcasse pour couvrir les coûts de production des éleveurs ». La flambée des cours des céréales de cet été a fait grimper le prix de l’aliment du porc à 250 e/t en moyenne aujourd’hui. « Pour produire 1 kg de viande, il faut 4 kg d’aliment. Cet aliment revient donc à 1e/kg carcasse environ et le porc est à un cours de 1,25 e pour simplement couvrir les frais de productions de l’animal. » Dans cette analyse, l’éleveur ne tire aucun salaire et l’entreprise aucun bénéfice pour réinvestir. « Ce manque à gagner représente 15% du chiffre d’affaires annuel de la production porcine (3 milliards/an) », complète-t-il.


Une difficulté à répercuter à l’aval les coûts de production


Pour faire face à une première hausse des cours de l’aliment en 2007, à des mises aux normes demandées par la Communauté européenne et à une réduction de la consommation de viande, les éleveurs ont emprunté. Aujourd’hui, nombre d’entre eux se retrouvent donc avec une faible trésorerie et ne peuvent faire face à un prix du porc en chute saisonnière avec un prix de l’aliment à la croissance exponentielle. Et, « la difficulté à répercuter les coûts de production » est une problématique commune à tous les pays, notamment la France. En parallèle, l’Observatoire des prix et des marges vient d’actualiser ses données et montre clairement que la répartition de la marge entre le producteur de porc et le consommateur n’est pas très équilibrée. Ainsi, en moyenne depuis 1 an, sur 10 e dépensés par le consommateur pour acheter de la côte ou du rôti de porc frais : 3,55 e reviennent à l’éleveur, 1,09 e reviennent à l’abatteurdécoupeur, 3,51 e reviennent au détaillant, 1,33 e correspondent à des pertes de matière subies par le détaillant lorsqu’il débite la longe en côtes et rôtis et 0,52 e reviennent à l’Etat sous forme de TVA. Pour le jambon comme pour la longe (voir illustration), la grande distribution récupère plus de 40% du prix payé par le consommateur quand l’éleveur en récupère 16,8% pour le jambon et 26,9% pour la longe. Ces chiffres confortent la demande des syndicats d’une meilleure répartition de la marge au sein de la filière. Pierre Brosseau, responsable de la commission nationale porcine de la Confédération Paysanne, demande même « à ce que l’Etat prenne ses responsabilités et légifère » derrière un tel constat. Pour Pierre Brosseau, l’origine de la crise provient d’un contexte de surproduction, ce que réfute Jean-Michel Serres. « L’Union européenne a plutôt bien exporté grâce à la parité euro/dollar » même si cette parité s’est inversée aujourd’hui. Reste aussi les problèmes de distorsions de concurrence avec l’Allemagne… et la mise aux normes bien-être animal à effectuer avant 2012.





Un tiers des éleveurs endettés à 100%
François Valy, responsable de la section porcine de la FRSEA de Bretagne, parle d’un tiers des exploitations bretonnes menacées de dépôts de bilan d’ici l’été 2011. Jean-Michel Serres confirme : « Si la production ne baisse pas, c’est au détriment de l’endettement. À la fin du printemps prochain, un tiers des exploitations auront un taux d’endettement de 100% ». La Coordination Rurale dans un communiqué du 25 novembre donne les mêmes chiffres : les éleveurs « n’ont plus la capacité d’investir, ni même de maintenir leurs outils en état de fonctionnement : 60% d’entre eux sont en grandes difficultés, un tiers sont endettés à plus de 100% et ne pourront pas s’en remettre. »



Retour Sommaire
Date de l'article : semaine du N° du 3 au 9 Décembre 2010
Imprimer l'article Imprimer l'article



Quand le café devient grand cru





Dossiers Paysan Breton
Chiffres clés de l'agriculture bretonne
Contact
Abonnez-vous à
Paysan Breton
Recherchez une
petite annonce
Déposez une
petite annonce
Déposez une
annonce légale


(+ de 12812 depuis 1997)