
Sur cet élevage laitier, « les diarrhées à 8-10 jours d’âge – juste au moment de les vendre – étaient récurrentes », indiquent Didier et Amélie Ballan, de Saint-Denoual. « Avec un phénomène en dents de scie et une contamination d’une case à l’autre qui fait qu’un jour c’est un veau, un autre jour c’est son voisin ». Une prise de tête bien connue de la plupart des éleveurs, plus particulièrement au cœur de l’hiver quand l’humidité et la douceur se conjuguent pour déclencher ce qui ressemble parfois à une épidémie.
Un produit 100 % végétal
Depuis février dernier, ces éleveurs utilisent un « produit naturel » développé par la société Phytaxis, PME basée en Suisse. « Il s’agit d’une poudre 100 % végétale que l’on mélange au lait à raison de 10 g/jour/veau », explique Didier Ballan, précisant que l’allaitement est réalisé avec du lait entier non réchauffé. « Nous commençons le traitement après la période de colostrum ».
Pas un médicament, ce complémentaire est destiné « à améliorer l’immunité de l’animal », Philippe Mallétroit, technico-commercial. Et d’indiquer que « chez le mammifère, 70 % de l’immunité provient du tube digestif. Contrairement aux polyphénols classiques qui sont détruits dans le tube digestif, ceux que nous utilisons sont de haut poids moléculaire et insolubles. Ils ont un pouvoir de liant qui leur confère la capacité d’adsorber les bactéries. Indirectement, la barrière épithéliale de l’intestin est renforcée et les villosités se développent. Résultat : le jeune veau profite mieux des nutriments, est plus résistant et donc pousse mieux ».
« Des veaux plus toniques »
En pratique, ces éleveurs costarmoricains mélangent le complémentaire au lait jusqu’au sevrage. « À raison de deux repas par jour jusqu’à 4 semaines et 1 repas par jour jusqu’au sevrage », explique Amélie Ballan, indiquant qu’elle double la dose quand les déjections sont molles. « Aujourd’hui, avant chaque buvée, je regarde les déjections dans chaque case. Si une diarrhée se déclare, je coupe le lait et associe le complémentaire au réhydratant ».
Après dix mois de recul sur la technique, les éleveurs disent avoir utiliser moins de sachets repas que par le passé. « Avant les veaux étaient plus mous, moins toniques qu’actuellement », commente D. Ballan, précisant que les veaux ont de la paille d’orge à volonté (pas de foin) et reçoivent un concentré unique à partir de 2 semaines. « Jusqu’à un maximum de 4,5 kg. Ils reçoivent cet aliment jusqu’à 6 moins d’âge ce qui évite les transitions », note-t-il en parlant aussi de l’aspect prix. « Nous ne donnons pas de 1er âge relativement coûteux ».
10-12 €/ génisse jusqu’au sevrage
Il y a quelques années, des génisses achetées ont introduit la coccidiose dans l’élevage. « Les épisodes se manifestaient au changement de bâtiment avec des jeunes génisses qui ne poussaient pas », poursuivent les éleveurs qui ont décidé de prolonger la distribution du complémentaire « sur les granulés ». Avec des résultats intéressants selon leurs commentaires.
Sur le plan économique, l’EARL du Pont Besnard calcule que le traitement revient de 10 à 12 e/génisse pour 8 semaines. « À comparer au prix des sachets repas –de 2 à 4 €–, sans oublier les antibiotiques utilisés en moins, le coût réel n’est pas forcément élevé. De notre côté, nous le considérons plutôt comme un investissement à long terme ». Contact : 06 31 81 22 05.
Didier Le Du
Photo : Ce produit pulvérulent composé d’extraits de plantes se mélange facilement au lait