
L'enquête réalisée, en 2008, par le SCEES, auprès des aviculteurs, donne une image assez précise de la filière française et bretonne de volailles de chair. Avec 2 643 éleveurs et une surface moyenne de 2 380 m2 par élevage, la filière bretonne a perdu près de 15 % de son parc de bâtiments entre 2004 et 2008.
Equilibre entre créations et disparitions
Quatre poulets français sur 10 sont produits dans la région et la production a été quasiment stable en volume (-1%) entre 2004 et 2008. "Par contre, la dinde a été affectée par une perte de près d'un tiers (27 %) de son parc et de sa production", souligne Cécile Riffard, de l'Itavi. La diminution globale du parc a été importante depuis 2000. En 2009, on tend vers un équilibre entre créations de surfaces (0,3 %) et disparitions (0,9 %), en Bretagne. Ce qui n'était pas le cas en 2003 où 6,7 % des poulaillers avaient disparu.
L'âge moyen des bâtiments se situerait autour de 17 ans en poulet et 19 ans en dinde. Cet âge avancé ne préjuge pas de la qualité du parc, car une bonne partie des bâtiments a été rénové. Par contre, la pyramide des âges des éleveurs montre un besoin de renouvellement. 43 % des aviculteurs ont entre 40 et 50 ans, près de 4 sur 10 (39 %) ont plus de 50 ans. "Une autre enquête a montré que deux critères principaux influent sur la pérennité des élevages : l'âge des bâtiments et leur distance par rapport aux tiers", souligne Sébastien Gallot, de l'Itavi. La pression de l'urbanisation reste forte en Bretagne.
Des élevages moins spécialisés
La France a une particularité par rapport aux autres pays européens. Malgré une érosion continue, elle a maintenu un nombre important d'éleveurs (15 000) sur le territoire. Le nombre moyen d'animaux par élevage (30 000) est plus faible que dans les autres pays européens. Au Royaume-Uni, la taille moyenne serait de 90 000 animaux par élevage. Aux Pays-Bas et en Allemagne, elle serait autour de 60 à 70 000.
Aux Pays-Bas et en Espagne, la taille des élevages a augmenté de 30 % pour une baisse du nombre d'éleveurs de 30 à 40 % avec une spécialisation plus poussée. "Jusqu'à présent, le modèle français s'appuie sur une complémentarité entre l'aviculture et une autre production, avec une main-d'œuvre familiale. Ce qui semble moins présent dans les autres pays européens".
Peut-on faire cohabiter les deux stratégies ou les cumuler au sein d'une même société, par exemple un Gaec ? Le choix se fait en fonction de la situation sur le terrain et de l'aspect relationnel. "La France qui a conservé plus d'éleveurs que les autres pays européens pourrait se servir de cette spécificité en la faisant reconnaître auprès des consommateurs", estime Sébastien Gallot. "L'intérêt est économique. Il correspond aussi à un projet de société".
Patrick Bégos
Légende photo : Les élevages avicoles français sont plus petits et moins spécialisés que ceux d'autres pays européens.