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Sommaire | " PRODUCTIONS " | Volailles | Article n°11319 |
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Confort de travail et gain de temps / Le poulailler du futur
 

Dans un contexte un peu plus favorable, la filière avicole a la volonté de maintenir son potentiel dans l'Ouest. Son principal défi reste la compétitivité vis-à-vis des pays tiers, mais aussi de nos voisins européens, comme l'Allemagne et la Pologne, qui ont monté des élevages récents et performants. Avec quels éleveurs et quels bâtiments, va-t-on relever ce défi ? Une table ronde organisée par l'Itavi a dressé quelques pistes. Pour Jean-Michel Choquet, éleveur et président du Cravi Bretagne "Les élevages vont s'agrandir, le PAD du Morbihan prévoit une surface de 3 600 m2/UTH et 6 000 m2 par couple".


L'obligation de construire


Jean-Yves Ménard, éleveur et président de Gastronome va plus loin. "Jusqu'à présent, les agrandissements d'élevages se faisaient par reprise d'ateliers existants. Nous arrivons au bout de cette pratique. Nous devons construire des bâtiments neufs dans un délai de 3 à 5 ans, sinon les outils industriels ne seront plus approvisionnés correctement". Pour le président de Gastronome, ces constructions neuves se feront à proximité des sites industriels (usines d'aliment ou abattoirs) car la logistique devient de plus en plus importante. "La production doit coller au marché et la rentabilité doit être suffisante pour permettre l'installation des jeunes".
Faut-il spécialiser les exploitations ? Dylan Chevalier, coordonnateur technique de LDC, pense que non. "Le revenu est sécurisé quand l'exploitation comporte plusieurs productions. Par contre, il est préférable qu'un ou plusieurs associés se spécialisent en volailles, dans ces exploitations sociétaires plus importantes".


De la technicité


"Les constructions neuves auront des surfaces de 1 350 à 2 000 m2, en panneaux plutôt qu'en matériaux durs pour faciliter les modifications par la suite", pense Loïc Rio de Serupa. De nouvelles solutions de panneaux à revêtement PVC, faciles à nettoyer sont proposées. Comme les porcheries, les poulaillers pourront être équipés du lavement d'air. "Les éleveurs sont avides de technicité", résume Philippe Douvenot de Sodalec. "Ils veulent un bâtiment performant avec des boîtiers de régulation simples, précis et conviviaux". 
Quelle énergie ? Le gaz restera l'énergie principale. D'autres voies sont explorées comme l'utilisation de plaquettes de bois chauffant l'eau des aérothermes. L'agrandissement permettra d'amortir ces investissements sur des surfaces plus importantes. Pourquoi pas une chaudière à paille, avec des échanges paille-compost avec les régions céréalières ?  
"Les recherches d'économie d'énergie dans les bâtiments existants sont un préalable", ajoute D. Chevalier. Des solutions simples peuvent être mises en place comme les échangeurs de chaleur pour récupérer les calories de l'air sortant. D'autres sont plus coûteuses, comme les sols bétonnés ou l'asphalte, avec incorporation des tuyaux de chauffage dans le sol, mais elles permettent de réduire la litière.


S'adapter au bien-être


L'adaptation des bâtiments au bien-être animal est un impératif. "Les capteurs permettant de mesurer les taux d'ammoniac et autres gaz existent", précise Philippe Douvenot. "Ils sont adaptables en poulaillers, mais restent coûteux". L'éclairage est également concerné par la directive bien-être. "L'utilisation de leds permet, par exemple, de diviser par 4 la consommation d'énergie". Une autre voie consiste à construire des bâtiments utilisant la lumière naturelle, grâce à des trappes d'entrée d'air translucides.   
"Tous ces éléments supplémentaires doivent être pilotés de manière simple à partir du boîtier de régulation", estiment les éleveurs. "Il ne faut pas que ce soit une machine infernale mais une bonne synchronisation de tous les éléments, en fonction des programmes lumineux ou de ventilation". L'éleveur veut un confort de travail et un gain de temps dans ses tâches quotidiennes et dans ses enregistrements. Quel que soit ses choix, il aura l'obligation de se former, pour bien maîtriser ces nouveaux outils.

Patrick Bégos



Un œil sur l'étranger

Dans les pays du Moyen-Orient, du Magreb, se montent des poulaillers équipés de cages. Sans avoir les soucis de bien-être animal des Européens. À l'image des pondeuses, certains projets prévoient des poulaillers à 6 niveaux avec une production de 40 kg/m2/niveau. En Afrique du Sud, mais aussi en Asie, on trouve des élevages industriels de 48 bâtiments de 1 500 m2 pouvant produire plus de 8 millions de poulets/an, l'équivalent de 20 élevages bretons de 3 000 m2.




Légende photo : Les éleveurs veulent un bâtiment performant avec des outils de régulation de l'ambiance qui améliorent leurs conditions de travail.

 



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Date de l'article : semaine du N° du 26 Novembre au 2 Décembre 2010
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