Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " LES DÉPARTEMENTALES " | 29 | Article n°11313 |
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Finistère (29)
La Chambre d'agriculture au chevet des productions / Un vent d’inquiétude ébranle les élus
 

L’agriculture finistérienne est inquiète. Inquiète pour son avenir. Même la frange de responsables agricoles d’ordinaire si enthousiastes, si optimistes, s’interroge. À l’image de Fanch Palut, représentant les coopératives, qui déplore le délitement de l’économie locale : « Le matériel qui entre dans nos élevages vient de Chine. Même les chauffeurs ne sont plus d’ici. Et pendant ce temps, la France continue à handicaper l’appareil de production en ajoutant des boulets qui nous mèneront au tas ».


La source des solutions se tarit ?


Le décor de la session Chambre d'agriculture, qui s’est tenue mardi à Quimper, est planté. Il sera renouvelé à plusieurs reprises par les élus. Tel Michel Tanné, membre, qui dénonce « l’attitude de la grande distribution ». Tel François Pouliquen, membre d’opposition, qui s’insurge de la volonté de reléguer « l’agriculteur au rang de producteur de matière première ».
Dans ce contexte déconcertant pour une agriculture peu habituée aux retournements de marchés si rapides (lait, céréales), peu armée à encaisser un empilement de crises (porc), les responsables professionnels sont parfois secs de solutions face à la grande marionnette mondiale. Une marionnette dont les ficelles actionnées à l’autre bout de l’Europe, à l’autre bout du monde, aboutissent à des coups de boutoir répétés jusqu’au cœur des exploitations finistériennes. Et finissent par déstabiliser les comptes bancaires, les hommes et les femmes qui en sont les garants.


Remettre l’économie au centre


Face à ce nouveau « désordre » économique Jacques Jaouen, président de la Chambre, brandit l’antidote : l’économie  – un des seuls qui vaille à ses yeux – : « Il faut remettre de l’économie au centre des débats », dit-il, en citant le contre-exemple de « la spéculation sur les droits à produire » trop souvent déconnectée de la rentabilité de l’entreprise. 
Autrement dit, il faut revenir à la valeur économique des outils et lâcher la valeur patrimoniale qui biaise le raisonnement d’entreprise au regard d’un marché qui n’a souvent d’autre ambition que le moins-disant. « Il faut adapter la valeur des outils », abonde Anne-Yvonne Hénot, économiste au bureau d’études CER-Chambre. Et d’illustrer : « Avant on était à un coût de reprise de 1 800 à 3 000 e/place de truie, aujourd’hui, il est en baisse : 2 000 à 2 200 e ».
Jean-Paul Kerrien, représentant le Crédit Agricole, ne contredit pas ces propos en observant que « les agrandissements n’ont pas été accompagnés d’économie d’échelle. Nous constatons que tous les investissements ne sont pas raisonnés d’un point de vue économique ». Et de prévenir que ce décalage va plomber la compétitivité des filières agricoles. « Car au final, il faut toujours que quelqu’un paye ». Bref, le prix de revient est la ficelle sur laquelle peuvent tirer les producteurs. Celle-là échappe, au moins partiellement, à la grande marionnette.
Didier Le Du


 


Photo : A plusieurs reprises, Jacques Jaouen en quête de solutions s’est tourné vers le représentant de l’Etat, Pascal Mailhos.








Quel prix pour le lait mutualisé ?

Expérimenter les AOP ; expérimenter la mutualisation des sous-réalisations nationales. La majorité en place se montre très volontaire pour avancer sur le dossier laitier. Pour Yvon Pouliquen, UDSEA, « la prudence s’impose face à la mutualisation ». Et d’expliquer  ses doutes : « Faire 3 % de production en plus, mais à quel prix ? Au prix beurre-poudre ? Comment le producteur peut-il décider de se lancer s’il ne connaît pas le prix auquel il sera payé ? ».
À écouter Y. Pouliquen, ce combat pour la mutualisation serait peut-être déjà d’arrière-garde. « Aujourd’hui, nous avons 3 150 sites de production laitière dans le département. Nous en perdons 150 par an ; 200 par an ces 4 dernières années. D’ici 2015, 20 % de la référence départementale sera ainsi libérée. La question est plutôt de savoir qui va faire ce lait : si seulement la moitié des producteurs est intéressée, cela fait 180 000 litres de plus par exploitation ». De telles références ne sont pas « absorbables » en l’état par les exploitations. Et de parier sur « des modèles qui ont prouvé leur compétitivité ». Des modèles mis en avant par les travaux des fermes expérimentales qui ont travaillé sur les coûts de production (herbe).









Les demandes de la profession


• Lait
-Expérimenter la mutualisation de la sous-réalisation nationale en Bretagne.
-Mise en place d’Organisations de Producteurs (OP) et associations d’OP (AOP) pour conduire les négociations collectives sur les prix et les volumes.
-Ouverture syndicale au sein de l’interprofession laitière nationale.
• Viande bovine
-Réduction des handicaps de compétitivité (contraintes administratives à l’exportation).
-Révision des règles d’approvisionnement dans la restauration collective (90 % de la viande consommée est importée).
• Porc
-Activation des outils de gestion de marché (stockage et déstockage de céréales).
-Renforcer le pouvoir de négociation des producteurs.
-Lever les freins qui pèsent sur la compétitivité des élevages (distorsion de concurrence).
-Développer VPF.
-Assouplissement administratif.
-Plan de sauvegarde de la filière porcine (avec protection de la famille, de sa maison…).
-Abondement des enveloppes « reconversion ».



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Date de l'article : semaine du N° du 26 Novembre au 2 Décembre 2010
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