
Deux salaisonneries bloquées dans le Finistère et une dans le Morbi-han. Les actions de lundi dernier avaient pour but de mettre la pression sur les salaisonniers afin de parvenir à un accord interprofessionnel sur l’origine des produits, ce jeudi. Jusqu’à cette réunion de hier, les transformateurs refusaient de mentionner la provenance de l’ensemble des viandes de porc sur les emballages. « Ils nous disent qu’ils ne peuvent pas privilégier la viande française. Pourtant, en Allemagne, les logos protègent la viande d’origine locale. On aimerait en bénéficier aussi », indiquait François Valy, de la FDSEA du Morbihan, devant l’usine « Charcuteries gourmandes », à Josselin. La Fédération nationale porcine (FNP) promeut la marque VPF (Viande de Porc Française) qui garantit, via son cahier des charges, des porcs nés, élevés, abattus et transformés en France. C’est l’objectif des nombreuses opérations de stickage VPF, dans les grandes surfaces, depuis septembre. « Les salaisonniers doivent jouer la transparence. Ensuite, le consommateur pourra choisir entre les viandes françaises et étrangères ». Les mentions « élaboré » ou « transformé en France » trompent le consommateur sur l'origine du produit et il est nécessaire, selon les éleveurs, de les clarifier en y ajoutant le pays d’origine de la viande. Les grandes marques, principales visées (Aoste, Herta) sont incitées à revenir rapidement sur leur position. Les efforts consentis devront être encouragés par l’ensemble de l’aval, y compris par la grande distribution. « Nous demandons à ce que l’obligation d’inscrire l’origine des produits sur les emballages soit inscrit dans la Loi de modernisation agricole ».
Retour financier
La balance commerciale de la filière porcine accuse un déficit de 27 millions d'euros pour le 1er trimestre 2010 (Les importations allemandes en France se sont accrues de 25%, en 2009). En réclamant la mention d’origine des produits, les producteurs espèrent favoriser l’acte d’achat citoyen et augmenter la demande en viande française. Cela permettrait, à terme, de mieux la valoriser avec un retour financier pour les producteurs. Si les discussions n’aboutissent à aucun accord, les éleveurs envisagent de durcir leur action, dans les prochaines semaines.
Bernard Laurent
Légende photo : Les éleveurs espéraient un consensus au sein de l’interprofession, ce jeudi 25 novembre, sur la mention de l’origine.