
Nous devons développer l’acquisition de compétences des actifs salariés et non salariés de la production agricole », estime Franck Péllerin, élu à la Chambre d’agriculture. Apprendre à manager une équipe ou à déléguer, pour les chefs d’exploitation. Les inciter à développer l’égalité professionnelle, pour lever les freins à l’embauche de femmes comme salariées. Tout cela en suivant des formations courtes, trop souvent boudées. Le manque de temps, invoquent-ils pour la majorité d’entre eux. Les leviers existent pourtant, avec les formules de remplacement (Sérémor) ou de modules de formations personnalisées, à distance. « Nous devons développer, en parallèle, la participation aux formations des salariés de la production ». Inciter tous les actifs à se mettre dans une posture d’évolution, de perspective de carrière, de capacité d’adaptation ou d’acquisition de nouvelles compétences. « Tout ça, c’est bien beau », assure André Galerne, représentant des salariés. « Nous ne croyons plus à la communication. Les employeurs sont, soit disant, convaincus du bienfait de la formation continue. Mais quand il s’agit d’y aller, ils préfèrent nous voir au travail ». Il rappelle le droit des salariés à 20 heures de formation par an. « Il faudrait sanctionner les employeurs qui ne jouent pas le jeu. Sinon, ça veut dire que les employeurs n’y croient pas ». Les employeurs invoquent la distance, trop importante jusqu’aux lieux de formation ou encore la charge administrative que représente l’envoi d’un salarié en formation.
Tutorat
En marge de la formation continue, les élus souhaitent la mise en place d’un réseau de tuteurs (agriculteurs ou salariés) pour former les nouveaux entrants, non issus du milieu agricole, aux gestes de base de la production. « Ce réseau bénéficierait aux jeunes qui sortent des formations initiales théoriques », précise Evelyne Kervadec, élue Chambre. L’attractivité des métiers reste un souci majeur du secteur agricole. Les actions d’information auprès des différents publics cibles (collégiens, lycéens, demandeurs d’emploi) se poursuivront. Sylvie Robin, présidente de la commission emploi, déplore les trop nombreux mouvements d’associés dans les entreprises sous forme sociétaire. « Il faut encourager la médiation pour éviter les entrées et les départs d’un même associé, à quelques mois d’intervalle, dans nos sociétés, source de problèmes économiques ». André Galerne l’incite à développer également la médiation entre salariés et employeurs, et, entre salariés au sein d’une même équipe.
Bernard Laurent
L’emploi en Morbihan
34 000 actifs agriculture et agroalimentaire
Dont 14 500 en agriculture
2 700 dans les services liés à l’agriculture
16 700 dans l’agroalimentaire
Soit 12,4% des actifs totaux du Morbihan
Légende photo : Les représentants des salariés (en Session Chambre d’agriculture, mercredi dernier, à Vannes, sur le thème de l’emploi-formation), par la voix d’André Galerne, souhaiteraient des sanctions à l’encontre des employeurs qui ne respectent pas les droits de leurs salariés à la formation continue.