
La commission Prim’Holstein passera voir Ucocotte». C’était au mois de juin 2009, lors de la présélection des animaux pour le concours du Space. « Notre contrôleur laitier, Pascal Roussel, avait quand même pris soin de nous prévenir », indique Pascal Le Gargasson, en souriant. Les éleveurs avaient conscience d’avoir une bonne vache ; de là à l’inscrire à un concours… Le contrôleur s’en est chargé. Il avait l’œil. Un troisième prix de section, avec le prix de la meilleure mamelle du lot des vaches en 4ème lactation. Une première qui en appellera d’autres. Championne des taries à la foire de Lanvaux, le rendez-vous local. Un deuxième prix de section au Space 2010, avec de nouveau, le prix de la meilleure mamelle des vaches en 5ème lactation. Et enfin, le prix de Grande Championne, au concours départemental, à Pontivy, en octobre dernier.
Transplantation
Le coup de pouce du contrôleur a donné une nouvelle forme de motivation aux époux Le Gargasson. « L’ambiance des concours est formidable », assure Patricia. « Maintenant qu’on y a goûté… ». Ucocotte est la meilleure des 52 vaches de l’élevage, en morphologie. Classée Ex 92, elle est fille d’Aaron sur Jutomir, sur Essay Clei. « Sa mère est toujours présente dans le troupeau, en 7ème lactation. Et elle a deux filles ». La première, par Rionel, en deuxième lactation, ne connaîtra pas les honneurs. « Elle n’a pas la finesse de sa mère ». La seconde, fille de Dolman, encore génisse, est prometteuse, selon les éleveurs. Ils envisagent de transplanter Ucocotte, l’an prochain. « Avec de la semence sexée de Sid (Mr Sam) ou Seaver (Goldwynn) ». Une autre vache, fille de Jocko sur Gibbon, aurait de l’allure, sur les concours. « Elle a trop de caractère. Nous n’avons jamais pu la préparer ». Une de ses filles peut-être…
Si les concours sont une nouveauté pour les éleveurs, la passion de la sélection date de l’installation, il y a une petite vingtaine d’années. « Notre priorité a toujours été la qualité des mamelles ». Les index de production ont été sélectionnés, en parallèle. Désormais, les index fonctionnels sont surveillés de près, notamment la fertilité. « Nous utilisons essentiellement de la semence de taureaux Créavia, avec, en plus, quelques doses de taureaux nord américains ». Le résultat satisfait les éleveurs : un troupeau homogène, aux origines variées.
Parcellaire groupé
En 2007, les époux Le Gargasson ont construit un bâtiment sur un nouveau site, avec 40 hectares accessibles aux laitières. L’alimentation reste classique. En ration hivernale, le maïs, à volonté, est complété par 4 à 5 kilos d’enrubanné de RGI, produit en dérobée, 4 kilos de triticale et 4 kilos de correcteur azoté et de minéraux (pour les fraîches vêlées). « Les concentrés sont distribués manuellement, matin et soir, sur le maïs, au couloir d’alimentation ». La sortie à l’herbe a lieu au début du mois de mars, jusqu’à novembre. « Les vaches disposent toujours d’au moins 4 à 5 kilos de maïs ensilage ». Toutes les génisses sont élevées (vente d’amouillantes ou de vaches en production) et sont nourries à l’herbe (pâtures foin, enrubanné) et avec 2 à 3 kilos de maïs, dès quatre mois.
Bernard Laurent
L’exploitation en bref
•9100 litres de lait en
moyenne contrôle laitier
•52 laitières
•74 hectares de SAU
•18 ha de maïs
•21 ha de céréales (45 tonnes autoconsommées par les laitières)
•35 ha RGA-Trèfle blanc
•12 ha RGI (1 coupe en dérobée entre céréales et maïs)
Légende photo : Patricia et Pascal Le Gargasson, atteints par le virus des concours