
Cinquante mille plants, répartis sur 86 kilomètres linéaires. Les travaux de plantation de haies ou d’instauration de talus ont débuté sur les communes de La Chapelle Neuve, Moustoir-Ac, Plumelin et Pluméliau. Ils se poursuivront cet hiver et à l’automne prochain. 140 exploitants se sont engagés. L’opération est financée, en totalité, par le syndicat mixte de la Sarre à l’Evel. Du moins dans les trois premières années. Ensuite, l’entretien est à la charge des propriétaires. « Par exploitation, cela revient à planter 600 mètres linéaires en moyenne », estime Laurence Le Bouille, animatrice du syndicat. « Dans les endroits, considérés à risque, nous conseillons aux agriculteurs de créer des talus avant de planter, pour éviter l’érosion ». Un diagnostic est, au préalable, réalisé par la Chambre d’agriculture. Ensuite, les exploitants des 4 communes ont été démarchés, avant la troisième étape : la phase de travaux. « L’objectif du syndicat est de restaurer le bocage afin de mieux préserver la ressource en eau sur le bassin de l’Evel. La densification du bocage devrait permettre de limiter les phénomènes de ruissellement des polluants vers les cours d’eau. Les pesticides et le phosphore sont particulièrement visés par ces actions ».
Peu de haies sur le bassin versant
Le coût de l’opération est de 700 000 euros, pour cette année, soit 10 euros environ du mètre linéaire planté. L’an prochain, 4 autres communes du bassin versant, Kerfourn, Naizin, Noyal-Pontivy et Saint-Thuriau, entreront dans le dispositif. Les réunions d’information des agriculteurs et le démarchage individuel auront lieu cet hiver. Les 11 autres communes intégreront le dispositif dans les prochaines années. L’enjeu est important. La densité bocagère a été divisée par 5 en cinquante ans. Le rythme de cette disparition s’est ralenti depuis une dizaine d’années. « Le paysage est beaucoup plus ouvert dans le secteur que sur l’ensemble du Morbihan. 35 mètres linéaires (ml)/ha de SAU sur le bassin contre 65 mètres dans le département ». Avec seulement 21 ml/ha, la commune de Pluméliau est l’une des moins bocagères. Les 30 kilomètres de gain, liés à l’opération engagée cet hiver, lui permettront d’atteindre 26 ml/ha de SAU. « On mesure mieux les efforts à réaliser pour atteindre la moyenne départementale ». Cette faiblesse du maillage, sur l’ensemble du bassin versant, s’ajoute aux autres facteurs de risques. « La pente est supérieure à 5% sur la moitié de la surface totale. 30% de la SAU est emblavée en maïs, 15% en céréales, 15% en légumes et seulement 24% de prairies (6% en gel) ».
Bernard Laurent
Légende photo : Les animateurs du syndicat de la Sarre à l’Evel, de la Chambre d’agriculture et les agents de la DDTM, sur un talus récemment réalisé à Saint Nicolas des eaux (Pluméliau)