
Au premier semestre 2010, les tonnages de dindes abattues ont diminué de 1,8 % par rapport à 2009. Leur poids moyen est toutefois en progression de 0,9 %. "Les statistiques de mise en place montrent une tendance à la reprise, certes mesurée, mais effective, depuis le début de l'année", souligne Gilles Le Pottier, délégué général du Cidef.
Les prix bas du début d'année auraient favorisé un recours plus important à la dinde française dans les préparations, au détriment des viandes importées (volumes en baisse de 18,7 %). C'est notamment le cas pour les charcuteries et les panés. "Parallèlement, nos entreprises se retirent de plus en plus des marchés extérieurs (52 000 t exportées sur 6 mois soit – 20% par rapport à la même période de 2009). Plusieurs raisons à ce constat, notamment les cours très bas, engendrés par une production en forte hausse en Allemagne et en Pologne".
Consommation en progression
Calculée par bilan, la consommation de viande de dinde (171 000 t. sur 6 mois) présente une hausse de près de 3 % au 1er semestre 2010 par rapport à 2009. "Les ménages français reprennent goût à la dinde de chez nous", confie Gilles Le Pottier.
Mesurés par Kantar Wordpanel, les achats de viande de dinde par les ménages sur les 10 premières périodes de l'année ont augmenté de 1,4 %. "Sur les périodes 6 à 10, les achats auraient même progressé de 5,5 % par rapport aux mêmes périodes de l'année 2009". Les escalopes ont la faveur des consommateurs ainsi que les produits élaborés tirés par les découpes aromatisées et les charcuteries, dont les saucisses (+33%). "Cette évolution de la consommation des ménages montre que pour la viande fraîche de dinde et les produits élaborés, la consommation n'est pas totalement dépendante du prix, moins qu'en porc et en poulet", estime le délégué général du Cidef.
Disponibilité en surfaces
Dans ce contexte de stabilisation voire de légère progression de la consommation, force est de constater que la production nationale qui a beaucoup baissé au cours de la dernière décennie, couvre désormais tout juste les besoins intérieurs et ceux des pays proches et réguliers comme la Belgique.
L'activité semble aussi de plus en plus conditionnée par la disponibilité en surfaces d'élevage. "En 2010, on a pu constater un pic de mise en place, début février, en raison des bâtiments libérés par l'enlèvement des mâles après les fêtes de fin d'année. Puis, un premier trou conjoncturel, en avril, pour rééquilibrer un marché très lourd et un second en juillet à cause du manque de surfaces disponibles", déclare Gilles Le Pottier. "Ce scénario pourrait se répéter en décembre prochain et en 2011".
Patrick Bégos
Progression dans les couvoirs
Au niveau des couvoirs, l'activité est en progression de 5 % alors que les mises en place de dindonneaux en France sont restées, au premier semestre, à un niveau moyen de 1 135 000 dindonneaux par semaine. L'exportation d'œufs à couver a fait un bond en avant de 20 % sur la période et celle de dindonneaux d'un jour de 5 %. Pour ce secteur amont de la filière volaille, l'exportation représente encore 45 % de l'activité.
Hausse des coûts alimentaires
Les coûts de production sont impactés par la hausse générale des matières premières, depuis septembre 2010. L'agitation relevée sur le marché des céréales, comme celui du soja, depuis le mois d'août, touche aussi l'aliment dinde. L'indice aliment de l'ITAVI a progressé de 23,7 % en septembre 2010 par rapport à septembre 2009.