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Morbihan (56)
Production de porcs biologiques / Gérer le passage à l'alimentation 100% bio, en 2012
 

5% de protéines issues de l'agriculture conventionnelle. C'est la tolérance actuelle pour équilibrer les rations des porcs élevés selon le cahier des charges de l'agriculture biologique. Une tolérance bienvenue, compte tenu de la rareté des sources de protéines disponibles. Souvent du tourteau de soja ou de la protéine de pomme de terre. « A partir de 2012, les formules devront être 100% AB », prévient Catherine Calvar, de la Chambre d'agriculture. « Il vaudra mieux produire des matières premières riches en protéines sur l'exploitation, quitte à acheter un peu de céréales à proximité ». Des céréales bio plus faciles à trouver sur le marché. Les mélanges céréales-protéagineux, les protéagineux en culture pure (pois, lupin, féverole), les graines d'oléagineux (colza, tournesol) sont déjà utilisés dans l'alimentation des porcs. « La luzerne déshydratée pourrait faire son apparition dans les formules. Elle a une bonne teneur en protéine et elle répond à l'obligation de fournir un aliment fibreux ». Le trèfle pâturé aussi, avec des conséquences non négligeables sur la charge de travail. Il faudra éviter, quoi qu'il en soit, de remplacer les tourteaux de soja conventionnel (non OGM) par du soja bio, deux fois plus onéreux (700 à 800 euros la tonne).


3,5 à 4 d'indice de consommation


Le porc bio pourrait donc être encore plus cher à produire. « Pour l'instant, le prix payé compense le coût de production, 2 à 3 fois plus élevé qu'en conventionnel ». Le prix de base, du kilo, est de 3,50 euros. Les résultats de production sont très variables entre élevages. De 12,8 à 18,3 porcelets produits par truie et par an, dans des élevages de 30 à 60 truies (Source Chambres des Pays de Loire). Les indices de consommation globaux varient entre 3,5 et 4. (IC et GMQ 8-115: 3-3,3 et  620- 680). Les taux de pertes après sevrage peuvent être élevés, de 6 à 20%. Les écarts de performances entre le naissage plein air et le naissage en bâtiment sont beaucoup moins marqués qu'en production conventionnelle.


Bernard Laurent



Une installation à Langonnet


Jean-François Guillerm était invité, par la Chambre d'agriculture, à témoigner, sur l'atelier porcs biologiques. Il s'est installé en 2008, avec 13 truies. Son objectif, à court terme, est d'atteindre une vingtaine de truies. La surface actuelle, de 8 hectares, l'oblige à acheter des céréales dans le secteur. Son bâtiment (une ancienne étable), de 140 places de post-sevrage et de 170 places d'engraissement, a été aménagé selon les nouvelles normes, avec accès à des courettes extérieures (auto-construction). Son installation progressive lui permet d'éviter d'emprunter. Ses charcutiers sont vendus à Bretagne Viande Bio.






Légende photo : 85 éleveurs ont participé au rendez-vous bio organisé par la Chambre d'agriculture, mardi 9 novembre, à Saint Tugdual, chez Isabelle et Fabrice Quéré. Différents thèmes ont été abordés, dont celui du porc biologique.

 



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Date de l'article : semaine du N° du 19 au 25 Novembre 2010
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