
Les Côtes d’Armor ont connu une année fourragère atypique. Si le nord-ouest n’a pas eu, sauf exceptions, à se plaindre des conditions climatiques 2010, d’autres secteurs ont eu moins de chance. La production d’herbe a été largement altérée et il a été difficile de constituer des stocks. Il a fallu s’adapter. Ce sujet était au cœur des débats de l’assemblée générale du Cedapa, jeudi 4 novembre à Langueux. L’expérience de 2010 doit être mise à profit pour tirer les enseignements, mais surtout enrichir les connaissances pour savoir comment à l’avenir sécuriser les systèmes fourragers à base d’herbe.
Nécessaires stocks
Au cours des débats qui ont suivi un travail en ateliers, plusieurs pistes ont été évoquées. Parmi celles-ci, la nécessité de constituer des stocks : augmenter les stocks en diminuant un peu les cultures de ventes, se constituer un stock et l’entretenir d’une année sur l’autre. Certes cela a un coût, mais fait remarquer un intervenant « s’il faut acheter à l’extérieur, se pose le problème de trouver le fourrage souhaité, car l’aléa climatique concerne tout le monde, et le prix à payer dès lors que la situation est tendue avec une demande forte ». Les mélanges céréaliers peuvent aussi trouver leur intérêt car ils peuvent être ensilés ...
D’autres évoquent l’implantation de prairies avec une plus grande diversité des espèces utilisées avec des résistances variées aux aléas. Nécessité de travailler sur les choix variétaux : RGA/Trèfle blanc, RGA/trèfle violet, luzerne , fétuque … Et sur la durée de vie des prairies. « Les jeunes se comportent mieux ». Des éleveurs ont privilégié pour la fin de campagne des couverts végétaux pâturables. Le colza fourrager implanté entre deux céréales a donné de bons résultats. Ceux qui cultivent de la betterave, même en zone sèche, se montrent plutôt satisfaits.
Des solutions plus radicales sont parfois envisagées : anticiper les réformes, réduire le chargement par hectare lorsque c’est possible, faire élever ses génisses à l’extérieur pour plus de surfaces disponibles pour le pâturage et la constitution des stocks, prendre le risque de ne pas faire son quota (pas toujours possible pour satisfaire les engagements financiers)…
Au final, pas de solutions miracles, mais des adaptations en fonction de chaque situation. Mais surtout pas la volonté chez les éleveurs présents de faire évoluer leurs systèmes fondamentalement. « Le retour à plus de maïs n’est pas d’actualité », faisait remarquer en fin de réunion Robert Hamon, vice-président.
Pierre Dénès
Légende photo : Patrick Thomas et Dominique Le Calvez, co-présidents du Cedapa.