
Difficile de ne pas en parler cette année... Le sujet de la réforme des retraites a mobilisé une bonne partie du temps d'assemblée générale des anciens exploitants de la FDSEA, le 4 novembre au Lycée de la Lande du Breil à Rennes. "La FNSEA n'a pas pris part aux manifestations car elle était favorable à une réforme rapide des retraites. Cela fait longtemps que nous savons que le financement doit être réformé", a commencé Clément Faurax, directeur des affaires sociales à la FNSEA, qui est intervenu lors de l'assemblée.
Et de rappeler les facteurs démographiques à l'origine de la réforme : "Depuis les années 60, l'espérance de vie a fortement augmenté. Aujourd'hui, l'âge de vie après 60 ans est de 27 ans pour les femmes et de 24,5 ans pour les hommes. Alors qu'en 1960 on comptait quatre cotisants pour un retraité, aujourd'hui, ce chiffre est de 1,8 et en 2050, il sera de 1,2. La crise économique aussi est passée par là, accroissant encore davantage le déficit du système actuel".
38 régimes de base en France !
Il rappelle également que la multiplicité des systèmes en France - pas moins de 38 régimes de base (sans compter les complémentaires obligatoires) - ne facilite pas la réforme. "Nous préférerions un régime unique pour tout le monde, en conservant des différences liées aux métiers". Mais comme l'avait annoncé le gouvernement, la réforme n'a pas pour objet de changer les régimes, mais de rétablir l'équilibre financier.
L'heure n'était pas non plus aux négociations, y compris pour les représentants des agriculteurs. "Nous avons été écoutés, mais nous n'avons pas eu de réponse sur nos propositions". Le projet de loi cible un retour à l'équilibre pour 2018, sans toucher au montant des pensions et sans augmenter les cotisations. Les prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine vont par contre être augmentés, par exemple sur le fermage pour les propriétaires fonciers.
Quelques tolérances pour le départ à 60 ans
Des mesures sur l'âge sont également prévues. L'âge minimum pour le début de la liquidation de la retraite va passer de 60 à 62 ans. Pour ceux qui n'ont pas la durée d'activité complète, le taux plein sera obtenu à 67 ans plutôt qu'à 65 ans. "Le maintien à 65 ans pour les conjointes d'exploitants a été refusé", précise Clément Faurax. Le gouvernement a concédé une tolérance sur le départ à 60 ans pour pénibilité, sans avoir une approche par métier toutefois, mais en tenant compte de l'incapacité permanente. Des possibilités existent aussi pour les mères de famille nées avant 1956 et pour ceux qui ont commencé à travailler avant 18 ans.
La FNSEA n'a pas non plus été satisfaite dans sa demande de calcul des retraites basé sur les 25 meilleures années, comme pour les salariés. Les seuls points favorables aux agriculteurs concernent la prise en compte de la pénibilité pour les non salariés, un accès facilité au minimum vieillesse et l'ouverture de la retraite complémentaire obligatoire aux conjoints et aides familiaux. Comme cette dernière mesure ne se traduira que dans une quarantaine d'années, "nous allons demander l'obtention de droits gratuits". La réforme est engagée, les revendications se poursuivent, y compris sur la dépendance que le FNSEA veut voir intégrée dans la sécurité sociale, plutôt que gérée par des assureurs privés.
Agnès Cussonneau
Guide des droits et devoirs du retraité
Dans quel cadre suis-je couvert pour aider mes enfants sur l'exploitation ? Ai-je besoin d'un permis spécial pour conduire le tracteur ? Quelle est la différence entre bénévolat, entraide, coup de main ? Autant de questions que se posent les retraités agricoles qui ont été abordées lors de l'assemblée. Différents cas de figures sont synthétisés dans un livret réalisé par un groupe de travail FNSEA. Ce "Guide du retraité : droits et devoirs" sera prochainement remis à tous les anciens exploitants syndiqués.
Légende photo : Environ 150 anciens exploitants étaient présents à l'assemblée générale.