
Le système, sur l'exploitation de Philippe, était déjà basé sur une conduite à dominante herbagère extensive et économe. Mon objectif initial était de m’installer en bio ». Un an après son installation, Fabien Tigeot a entamé la conversion du système. Le troupeau de 55 Limousines est conduit en 2 lots de 25 et 30 vaches vêlant respectivement en novembre et février. Les mâles sont vendus en broutards et les femelles sont élevées en totalité. Les génisses de renouvellement vêlent à 33 mois ; les autres sont vendues à 30 mois. Le parcellaire, de 81 hectares, est relativement groupé avec 55 hectares accessibles. La ration hivernale des vaches (2,5 mois) est constituée de 50 % de maïs et de 50% de foin, avec, en plus, 1 kilo d’enrubannage de luzerne. L'arrêt du pâturage a lieu au 15 décembre. A l'automne, de la paille de triticale est distribuée en libre service, pour complémenter le pâturage. Le foin sera distribué au cornadis, dès cet hiver.
Initialement, Fabien souhaitait construire un bâtiment neuf pour les vaches. « Le coût très élevé m'a conduit à une stratégie de minimisation des risques financiers, avec aménagement des bâtiments existants, et construction de 2 tunnels pour le stockage du foin (100 tonnes de matière sèche) ». Deux bâtiments avec aire paillée et cornadis suffisent à loger l'ensemble des animaux.
Le matériel comprend 2 tracteurs de 115 et 80 CV avec chargeur et tout le matériel de cultures, sauf récoltes, réalisées par l'ETA (En Cuma : épandeur, round, bétaillère, bineuse, déchiqueteuse de bois). « Les coûts de mécanisation sont de 158 euros par hectare ».
Vente de viande en direct
12 veaux sont vendus en direct, chaque année. « Ils sont abattus à Vannes. Puis découpés chez le boucher de Bohal ». La vente s'effectue par bouche à oreille et par le site internet. (150 clients gérés sur informatique). « C’est bon pour le moral. Avec la qualité, nous avons à la fois un retour financier et un bonus pour le moral. Le plaisir des gens a son importance ». 8 vaches sont également commercialisées, par an. Elles sont abattues à Pontivy puis transformées par TVR.
« La gestion des colis demande de prévoir le nombre de clients exact pour chaque animal. Nous avons un projet d’achat de remorque réfrigérée avec la Cuma Saveur Paysanne. Une dizaine d’agriculteurs du secteur (bio et non bio) réfléchissent à un projet de transformation commun ».
Une Amap vient d'être créée à Malestroit, depuis juin. Le lieu de vente, au départ sur la ferme, a été transféré à la salle des associations de Bohal, mise à disposition par la mairie.
L'EBE atteint 43 700 euros, soit 43% du produit total. Fabien et Philippe travailleront encore ensemble pendant quelques mois. Ensuite Fabien reprendra les parts de son associé, pour continuer en individuel.
B. Laurent
Légende photo : Porte ouverte le 18 novembre de 14 h à 16 heures à la ville d'Aly à Bohal (fléchage à partir du bourg) chez Fabien Tigeot (à droite) et Philippe Monfort.