
Depuis une dizaine d’années, Raymond Le Prizé, éleveur à Québriac (35) a décidé de valoriser ses céréales par l’engraissement des agneaux. Il conduit 400 brebis de races Ile de France et Rouge de l'Ouest, principalement en conduite de bergerie. L'investissement a porté sur deux cellules d’occasion, pour stocker 6 à 8 ha de céréales (480 q) et une mélangeuse horizontale sur bascule, également d’occasion pour effectuer le mélange.
Triticale et tourteau
L'éleveur n’achète plus d’aliment du commerce, excepté le complément azoté (mélange soja 70% - colza 30%) pour corriger la ration des brebis à base d'ensilage de maïs et fabriquer l’aliment agneau. La consommation de complémentaire azoté se situe autour de 10 t./an pour les brebis et les agneaux.
"Je fabrique ainsi 400 kg d’aliment à chaque mélange", explique l'éleveur. "L’aliment fermier est constitué de 77% de triticale, 17% de tourteau, 3% de lithotamne et 3% de mélasse. Les agneaux de bergerie sont nourris à volonté avec du bon foin ou de la paille de pois".
Pas d'agneaux gras
En 2009, 66 % des agneaux ont été classés en E et U, pour un poids moyen de 17,84 kg et un prix moyen du kg de carcasse de 5,88 euros net. "Bien que plus riche qu’un aliment du commerce, ce mélange n’augmente pas le pourcentage d’agneaux gras", poursuit l'éleveur. "J'ai moins de 2% d'agneaux gras par an. Je sélectionne aussi mes béliers sur ce critère". Le taux de certification en CCP et Label Rouge est très bon puisqu’il atteint 87 % en 2009.
"Même si cela me prend un peu de temps pour la fabrication et la distribution de l'aliment fermier, je m'y retrouve dans les consommations des animaux et les coûts", confie R. Le Prizé. "Ce système me convient parfaitement et me met à l’abri de la flambée du coût des aliments".
Photo : Les agneaux reçoivent un aliment constitué de triticale, de tourteau et de CMV, avec un bon foin.