
Boiteries en élevage laitier, tous les éleveurs sont confrontés peu ou prou à quelques soucis. « Pas forcément des gros soucis », explique Philippe Heurtel, éleveur à Lantic. Mais il souligne la présence de dermatites. « Cela revient notamment au moment des transitions, lorsque les animaux passent de l’étable au pâturage ou l‘inverse ».
« Dans notre élevage, nous sommes depuis quelques mois confrontés à des panaris, sans doute liés à un empierrement qui blesse les pieds des vaches », relate Nicole Collet, productrice de lait à Plourhan.
Deux situations un peu différentes donc, mais une même motivation pour inciter Anthony Le Poulichet, le salarié partagé entre trois exploitations (Philippe Heurtel, Patrick et Nicole Collet, Bertrand L’Hôtelier d’Etables-sur-mer) à suivre la formation pathologies des pieds, proposée par la Chambre d’agriculture. « Outre le fait qu’il est intéressant pour le salarié d’aller en formation, il nous est aussi paru intéressant de disposer de quelqu’un, sur les trois élevages, qui connaisse mieux tous les problèmes de pathologies, de parage … », précise Philippe.
Les bons gestes
Anthony Le Poulichet a suivi la formation en 2009. « C’est une formation pratique ». Les stagiaires ont passé en revue les facteurs de risques, les pathologies et vu opérer un pareur professionnel. « Il nous a appris les gestes à faire et à ne pas faire ». Il cite la tendance que pourraient avoir certains éleveurs face à une affection d’un pied à gratter jusqu’au sang. « Une erreur, il ne faut jamais aller trop profond ».
La formation c’est aussi acquérir les bons réflexes pour isoler un animal dans la cage de contention. « C’est un élément indispensable pour intervenir en toute sécurité et effectuer un bon travail ». Il précise qu’il faut la placer de sorte à ce que l’animal concerné voit ses congénères. « Cela le rassure. »
Les arguments pour bien gérer les pathologies liés aux pieds sont aussi financiers. « Une étude régionale effectuée il y a quelques années a montré que les dépenses de santé liées aux pattes, avec les coûts directs ou indirects (réforme, perte de lait …) étaient en moyenne de 10 euros par vache et par an. Mais cela pouvait aller jusqu’à 100 euros », précise Vincent Jégou, conseiller lait à la Chambre d’agriculture. Il rajoute, «c’est un sujet qui revêt d’autant plus importance que la taille des troupeaux augmente ».
Pour les trois éleveurs, le fait qu’Anthony ait suivi la formation est apprécié. Trois éléments sont mis en avant : un retour d’informations intéressantes, la capacité à repérer des problèmes voire à identifier certaines pathologies, une certaine connaissance des techniques de parages ou de soins.
Pierre Dénès
Photo : Anthony Le Poulichet, salarié, entre Nicole Collet et Philippe Heurtel deux des éleveurs du groupement d’employeurs.
Formation : Pathologies des pieds de bovins, du diagnostic au parage
La Chambre d’agriculture propose une formation pratique autour de l’appareil locomoteur des bovins, du diagnostic des problèmes à la pratique du parage et un focus sur le confort des animaux en bâtiment et les nouveautés (tapis, logettes, matelas,...). Elle aura lieu le mardi 16 novembre de 10h à 17h45 et le jeudi 25 novembre après midi à l ‘Antenne Chambre d’Agriculture Loudéac (et élevage dans les environs)
Programme :
• Comprendre le fonctionnement du pied et les différentes pathologies
• Identifier les facteurs de risque des maladies de pieds
• S’initier au diagnostic et au parage avec l’intervention en élevage d’un pareur professionnel
• Identifier les facteurs-clé du confort de l’animal
Coût par participant : 60 euros (hors repas) comprenant les documents.
Renseignements et inscriptions auprès de :
Marie Pierre Gouriou – 02.96.79.21.92 ou par mail vincent.jegou@cotes-d-armor.chambagri.fr