
En 2010, un seul foyer de FCO a été constaté en France contre plus de 80 000 en 2008-2009. "Un résultat qui nous conforte dans l'intérêt de la vaccination", déclare Jean-François Tréguer, président de l'Union bretonne des GDS. "En Bretagne, pour la dernière campagne, le taux de vaccination des bovins se situe entre 81 et 86 %, selon les départements".
Vaccination volontaire
La nouvelle campagne vient de démarrer avec des conditions un peu "allégées". La vaccination devient volontaire à partir du 2 novembre 2010. "Malgré ce caractère volontaire, la nécessité de maintenir un haut niveau de protection sanitaire des cheptels demeure essentielle", explique Patrick Le Provost, directeur de l'UBGDS. "L'enjeu est à la fois sanitaire et économique pour maintenir la confiance de nos partenaires commerciaux".
Pour les animaux destinés à rester sur le territoire national, la vaccination pourra être effectuée par l'éleveur lui-même ou par un vétérinaire. Par contre, pour les animaux destinés à quitter le territoire national et pour lesquels il est nécessaire d'obtenir une certification officielle, la vaccination devra impérativement être réalisée par un vétérinaire. Des accords sanitaires bilatéraux ont été négociés dans ce sens, avec plusieurs pays (Italie, Espagne, Maghreb
…), pour garantir la poursuite des exportations de bovins et d'ovins.
Destination des animaux
Concrètement pour l'éleveur, compte tenu de l'aspect volontaire de la vaccination, il faudra faire des choix. "Il devra d'abord déterminer le niveau de protection qu'il souhaite pour son cheptel", poursuit J.F. Tréguer. "Nous conseillons de vacciner tout le troupeau et en particulier les jeunes sur 2 ans (primo-vaccination comprenant 2 injections à 3 semaines d'intervalle et rappel annuel)". L'objectif est d'empêcher une résurgence de la maladie avec les conséquences sur la santé des animaux et leur commercialisation.
"D'autre part, il faut savoir s'il y a dans le troupeau des animaux susceptibles d'être exportés : veaux, broutards, génisses, vaches en lactation", précise P. Le Provost. "Dans ce cas, une vaccination des animaux ou des mères est obligatoire et doit être réalisée par le vétérinaire pour des exigences de certification". Chaque éleveur doit interroger son acheteur habituel pour connaître la destination des animaux qu'il lui vend : territoire français ou exportation.
En pratique
D'un point de vue pratique, pour les éleveurs allaitants, les animaux destinés à l'exportation sont vaccinés par le vétérinaire et le cheptel de souches (mères) est vacciné soit par l'éleveur lui-même soit par le vétérinaire.
Pour les éleveurs laitiers, les animaux exportés ou susceptibles de l'être (génisses, vaches) âgés de plus de 90 jours pour l'Italie, ou plus de 120 jours pour l'Espagne, sont vaccinés par le vétérinaire. Pour les veaux de moins de 90 jours ou de moins de 120 jours, susceptibles d'être exportés, c'est le cheptel souche qui est vacciné par les vétérinaires. Pour les autres situations où aucun animal n'est exporté ou susceptible de l'être, la vaccination peut être effectuée par l'éleveur ou le vétérinaire. La validité de la vaccination est de 365 jours maximum. La date anniversaire de la dernière vaccination doit être vérifiée pour renouveler le rappel.
Patrick Bégos
Photo : De gauche à droite Karine Proux, chef du Service régional de l'alimentation, Christine Fabry, Jean-François Tréguer, président de l'UBGDS et Patrick Le Provost, directeur.
À la charge de l'éleveur
La vaccination devenant volontaire, elle est exercée dans un cadre libéral et tarifé pour le vaccin et la vaccination, selon les conditions fixées par le vétérinaire. L'Etat n'intervient plus financièrement, vaccins et prestations sont à la charge de l'éleveur. Les discussions sur les accords bilatéraux sont en cours et un allègement des contraintes FCO à l'export pourrait être obtenu au-delà du 1er janvier 2011.