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Normande / Schéma Créavenir - La révolution génomique est en marche
 

Grâce à la génomique, la précision des index de valeur génétique s'amplifie, en particulier sur la voie femelle. L'intervalle de génération va également être franchement raccourci. En femelles, les nullipares vont être utilisées quasi-exclusivement. En mâles, les pères à taureaux génomiques vont permettre de gagner 5 ans. "C'est surtout grâce à ces deux grands pas que le progrès génétique va s'accroître fortement. En race Normande, il va être multiplié par 2,5 à 3. Les mères à taureaux auront sensiblement le même poids que les pères à taureaux", a indiqué Thierry Nicollas, responsable Normande à Créavia, lors d'une journée destinée aux éleveurs le 27 octobre à Servon sur Vilaine (35).
En élevage, des changements sont à prévoir… "Les candidates "élues" seront moins nombreuses, les descendantes retenues aussi". Pour les éleveurs, les risques financiers sont individuellement plus élevés. Et la charge de travail pourra être très importante. "Quand une femelle est qualifiée, elle est collectée plusieurs fois et de nombreux embryons sont à poser en un temps très court".


Des solutions collectives


La solution proposée par Créavia face à ces nouvelles contraintes est un investissement collectif massif. "Dans le cadre des contrats, les collectes peuvent être financées par la coopérative. Les éleveurs peuvent aussi placer leurs génisses en station (Blain ou Plounévézel). Un réseau de receveuses va être créé", a évoqué Thierry Nicollas.
A peine un an après le lancement du programme Créavenir en race Normande, les responsables se montrent satisfaits de l'adhésion des producteurs. "Plus de 430 élevages ont signé un contrat cadre, jusqu'au Massif Central. L'Ille-et-Vilaine en compte 105, le Morbihan 42, le Finistère 35 et les Côtes d'Armor 27". Ces contrats peuvent être qualifiés de "donneurs" (lignée, banque ou classique), "receveurs" (Appro élite ou investisseur) ou "service" (génotypage).
Le schéma "voie femelle" de Créavenir partira d'une base de 65 femelles qualifiées programme donnant environ 1 000 embryons/an. 500 veaux naissent dont la moitié de femelles. A ces 250 femelles "lignée", vont être ajoutées 150 autres femelles provenant des contrats banque et classique Créavia ou de génétique extérieure. "La variabilité génétique doit être intégrée au schéma".
Depuis le début du programme, 265 femelles ont été génotypées. Au 21 octobre dernier, 427 embryons (66 collectes) ont été produits. Sept donneuses sont présentes sur les deux stations. Pour 2011, 400 femelles auront été génotypées et 1 000 embryons produits. Egalement, 250 mâles vont être génotypés pour 50 sélectionnés.


Des taureaux phares à la sélection de groupe


Elle était annoncée… C'est la fin du "star system". Sur la voie mâle aussi, les éleveurs devront adopter une approche différente de la génétique, en lien avec leurs conseillers. Les regrets de l'ancien système, centré sur des taureaux phares, seront toutefois bientôt effacés par les enjeux économiques que laisse présager la sélection de groupe. Par ailleurs, de nouveaux caractères pourraient venir s'ajouter (Oméga 3…).
"Avec la génomique, les entreprises de sélection ont une Formule 1 dans les mains… Il leur faut donc la connaître, se l'approprier et rouler à l'optimum", compare Michel Tissier, ancien directeur d’Umotest. "Les producteurs et coopératives n'ont pas d'autre choix que d'avancer avec la génomique. Sinon, les privés pourraient investir dans cet outil, ceci entraînant pour les éleveurs la perte du pouvoir de décision".

Agnès Cussonneau


 


Photo : Michel Tissier, ancien directeur d’Umotest  (à gauche), et Jean-Michel Arondel, président de la commission Normande Créavia.



La génomique se nourrit
du contrôle des performances


Si pour Michel Tissier, ancien directeur d’Umotest, la fin du testage classique sur descendance se dessine, pas question d'abandonner le contrôle des performances de production et de morphologie. "Il vient confirmer et compléter l'information génomique précoce". A regarder de près également, la variabilité génétique qui sera facilitée par la génomique, du côté des mâles comme des femelles. Vont être mises en évidence de nouvelles familles femelles que les index classiques ne révélaient pas.
Alors, désormais que la génomique a fait ses preuves, comment maximiser le progrès génétique sans accroître la consanguinité ? Pour connaître la meilleure direction à prendre, une étude a été menée par l'Inra et l’Unceia. D'ici 4 à 5 ans, le schéma pourrait se nourrir uniquement de pères à taureaux génomiques. La diffusion des mâles serait rapide (sans testage), large et homogène. Mais en attendant, une transition est nécessaire, avec le maintien de la diffusion de taureaux confirmés.



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Date de l'article : semaine du N° du 5 au 11 Novembre 2010
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