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Sommaire | " LES DÉPARTEMENTALES " | 22 | Article n°11224 |
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Côtes d'Armor (22)
Cultures énergétiques / Le miscanthus à Plaintel dévoile ses premiers résultats
 

Dans le protocole d’essais de miscanthus conduit à Plaintel  avec le soutien de l’association Leader et du Conseil général des Côtes d’Armor, Jean-François Courcoux, l’initiateur, s’était engagé à rendre compte des résultats. Quelques visites ont déjà eu lieu sur l’évolution de la culture. Il dévoile désormais la synthèse de l’expérimentation
Six variétés ont été implantées de différentes provenances Grande-Bretagne, Pays-Bas, Autriche, Pologne, Allemagne. De quoi, plus de trois ans après, tirer des enseignements à la fois sur la qualité des rhizomes plantés, les conditions nécessaires à l’implantation, les rendements… Des différences significatives entre les  provenances apparaissent.
Il a d’abord été surpris par les conditions de livraisons des variétés anglaises. « En big bag, brut de récoltes, avec de la terre, hétérogènes par leur poids et leur taille. Et pour l’une des provenances des rhizomes noirs (morts) ». Les provenances allemandes et polonaises, conditionnées à la main, étaient de petites tailles, mais probablement  mal conservées. La variété autrichienne se caractérisait par  des plants de grande taille, préparés manuellement et probablement lavés. Les plants hollandais étaient présentés en godets de 9 cm. Une qualité qui se traduit par un prix d’achat plus élevé.


De 10% à 97% de taux de levée


Tous ces plants ont été mis en place à Plaintel dans des conditions optimales, « un sol de qualité homogène, sain, légèrement  humide et à bonne température ».  D’ailleurs les levées ont été rapides, sous 15 jours pour les variétés anglaises, un peu plus échelonnées pour les autres notamment celles qui étaient en rhizomes nus. Le taux de levée à 3  mois révèle des écarts énormes : de 97 % pour la variété hollandaise en godets à moins de 10 % pour les variétés allemandes et polonaises (voir tableau).
Les conclusions de Jean-François Courcoux à ce niveau sont simples : « La qualité des plants achetés est le premier facteur de réussite. Ils doivent être issus de pépinières jeunes (moins de 3 ans), être entiers, bien conservés (+ 3°C à + 4°C, d’une taille suffisante pour avoir un peu de réserves. La présence de terre et favorise le démarrage ». Il en appelle ainsi à la vigilance pour les éventuels acheteurs, car sur le marché les propositions sont hétérogènes.


Les retards se rattrapent difficilement


Les constats au moment de la récolte montrent aussi l’importance de la qualité des rhizomes implantés. « Dès lors que la levée n’a pas dépassé les 60 %, le risque est que le rendement en soit affecté pendant de longues années ». Pour autant, il se garde de tirer des enseignements définitifs. « Le matériel végétal a aussi des potentialités différentes ». Il prend l’exemple de la variété anglaise, levée à 92 %, qui dépasse les 20 tonnes de biomasse en 2ème année, comparée à la variété hollandaise, levée à 97 %,  qui n’atteint que 12 tonnes.
De même, il existe des différences notables sur le nombre, la hauteur, la grosseur et le poids des tiges. Sur ce dernier point, le poids varie de 90 grammes pour la variété polonaise à 201 grammes pour l’autrichienne. Ces mesures de poids donnent également des indications sur la précocité. Ainsi l’une des variétés anglaise et la variété polonaise s’avèrent nettement plus précoces. Elles dépassent toutes les deux les 60 % de leur poids final fin juin. « Moins vulnérables donc à des effets de sécheresse et seraient à privilégier pour des récoltes hâtives en vert ».
Au final, l’étude confirme que le potentiel de croissance varie en fonction des provenances. « C’est le résultat du travail génétique qui a pu être réalisé dans les pays en fonction d’objectifs ». Jean-François Courcoux se refuse cependant à exclure l’une ou l’autre des variétés. « Il faut aller un peu plus loin dans les compositions (taux de lignine ou de cellulose), et ainsi mieux appréhender pour quels usages elles peuvent être adaptées ».
Reste bien sûr à explorer toutes les voies de la valorisation pour la production d’éthanol, dans les digesteurs d’unités de méthanisation, en granulés ou en bûches pour les chaudières, pour du paillage... Jean-François Courcoux ne doute pas du potentiel de la plante proportionnellement moins gourmande en foncier que d’autres cultures énergétiques.

Pierre Dénès


 


Photo : Jean-François Courcoux, l’initiateur des essais, devant l’une des variétés les plus productives. On devine la hauteur exceptionnelle de la plante.








Poursuite des expérimentations

L’expérimentation va donc se poursuivre au niveau de la production afin d’affiner les potentiels de chaque variété, mais aussi sur les techniques culturales avec par exemple utilisation de film biodégradable pour éviter le désherbage chimique. Un essai est en cours de production pour  deux récoltes par an, en vert en juin et une seconde en octobre/novembre. Il a aussi mis en place un atelier de création variétale. Trois premiers cultivars sont en phase de  multiplication.  « Les perspectives sont intéressantes ».



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Date de l'article : semaine du N° du 29 Octobre au 4 Novembre 2010
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