
Les fortes températures de juillet ont forcément eu des répercussions sur la fabrication des spermatozoïdes. La baisse de production liée à la chaleur peut être immédiate, elle peut aussi se répercuter 2 mois après. Mais il faut de toute façon s’attendre à des béliers moins performants cet automne.
Des béliers plus nombreux
Même si les béliers sont ardents et performants, leur activité sexuelle n’en reste pas moins liée à différents facteurs extérieurs : âge, état corporel, état sanitaire…. Le ratio mâles/femelles reste donc à adapter au cas par cas. En lutte d’automne, il est important de ne pas dépasser 40 à 50 brebis adultes par bélier pour ne pas constater des baisses de fertilité, voire de prolificité sur le troupeau. Cet automne, il est prudent d’augmenter un peu le nombre de béliers par lot de lutte.
De même, la pose de harnais marqueurs aux béliers permet de surveiller le déroulement des luttes. Une partie des brebis marquées à la craie peut revenir en chaleur au cycle suivant. Il est alors souhaitable de changer de couleur de craie tous les 17 jours, en veillant à ne pas bousculer le troupeau lors de cette manipulation. Si plus de 30% des brebis sont de nouveau marquées avec la nouvelle couleur, un ou plusieurs béliers du lot sont stériles. De plus, cette technique permet de connaître plus précisément les dates de mise-bas et permet de trier au mieux les brebis en fin de gestation pour les complémenter.
Des brebis saillies plusieurs fois
La prolificité est d’abord liée aux brebis, mais les béliers valorisent plus ou moins bien la capacité des femelles à porter un ou plusieurs agneaux. Au cours des chaleurs, qui durent 1 à 2 jours, les brebis sont en effet saillies plusieurs fois, et pas forcément par le même bélier…. Il n’est pas rare d’avoir, sur une même portée, des agneaux de pères différents. Encore faut-il que les béliers soient suffisamment en forme et nombreux pour "s’occuper" d’un maximum de brebis ! Un mâle en pleine force de l’âge et bien préparé peut saillir 8 à 10 brebis par jour (plutôt la nuit et en fin de journée). Au-delà, la qualité de la semence peut laisser à désirer et donc impacter fortement la fertilité et la prolificité du lot.
Des luttes courtes
Avec des animaux bien préparés, une lutte de 40 jours (2 cycles) est suffisante pour optimiser les résultats de reproduction. Outre le tri et la préparation des brebis (déparasitage, flushing si nécessaire), les béliers ne doivent pas être oubliés et doivent faire l’objet de toutes les attentions. Plusieurs règles sont à respecter pour grouper les luttes et donc les mises bas. Un flushing sera réalisé 2 mois avant le début de la lutte, les béliers ne seront ni trop maigres (ils se fatiguent vite), ni trop gras (ils sont souvent stériles). Leur âge sera compris entre un an et demi et 5 ans. Ils ne seront ni boiteux (ils saillissent mal voire pas du tout), ni fiévreux lors de la lutte ou dans les deux mois qui ont précédé (la durée de fabrication des spermatozoïdes est de 60 jours)
Alain Gouédard
Chambre d’agriculture 35
Ne pas oublier la génétique
En système herbager, les conditions de production des agneaux sont plus difficiles à maîtriser qu’en système bergerie. On recherchera des animaux plus rustiques, moins sensibles aux aléas climatiques, au parasitisme, … peut être un objectif de sélection. Les britanniques ont beaucoup recours au croisement pour travailler avec des brebis "easy care" (soins faciles). Ils sélectionnent les animaux sur la facilité d’agnelage, le comportement maternel, la vigueur des agneaux, la capacité à agneler en plein air,…. La diminution de la charge de travail sur le troupeau est l’objectif recherché. Ceci permet d’augmenter considérablement la productivité du travail par UTH. L’intervalle de génération en ovin étant relativement court, les progrès peuvent être rapides.