
C’est un plaisir de réussir son cidre ». En une phrase Jean-Yves Le Goff, du Cloître-Pleyben, résume ce qui le pousse chaque année à faire son cidre. C’est aussi la mobilisation de la quarantaine de cidriers non professionnels qui ont participé à la journée annuelle d'initiation à la fabrication du cidre dispensée par Valérie Simard, animatrice-conseillère cidricole au Cidref (Comité cidricole de développement et de recherche fouesnantais et finistérien).
« J’ai planté mes premiers pommiers il y a 25 ans. Pour finalement couper les branches afin d’y greffer d’autres variétés », poursuit J.-Y. Le Goff, agriculteur à la retraite depuis peu. « Les nouvelles variétés que j’ai choisies me permettront de fabriquer un cidre doux-amer de type Cornouaille qui me convient mieux », dit-il. Et il vrai que, sur ce sujet du goût, chacun a ses préférences. Il semble même y avoir une ligne de fracture Nord/Sud dans le département. « Dans le Léon, on préfère un cidre légèrement plus fruité souligné d’une très légère amertume », confirme Eugène Le Doaré, de Plogastel-Saint-Germain, qui se souvient des premiers pas du Cidref dans la longue marche qui a abouti à l’AOC cidre de Cornouaille.
Contribuer à l’image globale du cidre
Aujourd’hui, on pourrait d’ailleurs penser que le Cidref n’a rien à gagner à dépenser de l’énergie à former les « amateurs ». D’aucuns pourraient penser que ces non-professionnels peuvent, à leur échelle, être des concurrents aux fabricants professionnels.
Les adhérents du Cidref pensent au contraire qu’un bon cidre amateur contribue à forger une bonne image globale pour ce breuvage trop souvent victime par le passé de sa mauvaise réputation de « sistr trenk ». « Si les non-professionnels servent du mauvais cidre à leurs voisins, aux touristes, etc., c’est toute l’image du cidre qui en pâtit. Résultat : ces derniers n’en achèteront pas et tous nos efforts pour une boisson de qualité seront vains ».
Fabriquer son cidre qui était une pratique très répandue dans les campagnes jusqu’aux années 50-60 reste
« culturel en Bretagne », observe encore V. Simard qui fait un parallèle entre la langue bretonne et la fabrication du cidre. « Le point commun, c’est l’attachement aux racines. Les jeunes ne sont pas en reste : ils veulent apprendre à faire « leur » cidre », commente-t-elle.
Car le cidre c’est aussi la convivialité. Pas seulement autour d’un verre. « La fabrication du cidre se fait entre copains », s’amuse J.-Y. Le Goff qui – faut pas le dire – a obtenu le 2e prix au concours amateur organisé dans le cadre du Festival de l’élevage de Quimper.
Didier Le Du
Légende photo : Pour conclure la journée de formation : dégustation de cidre chez Marie-Thérèse Quéméré, à Pluguffan.