Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " LES DÉPARTEMENTALES " | 56 | Article n°11185 |
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Morbihan (56)
Stock fourrager au Gaec du Rhun, à Ploemeur / Le RGI au détriment des céréales
 

Jean-Luc Madec et Jean-Louis Bellec, associés du Gaec du Rhun, à Ploemeur, ne se sont pas posé de questions aux mois d'avril et mai derniers. « La sécheresse commençait à se faire sentir. Nous avons conservé une quinzaine d'hectares de dérobées de RGI au lieu d'implanter un maïs, comme prévu ». Au vu des rendements et de la qualité du maïs fourrage (8 à 9 tonnes de matière sèche, récoltés par hectare), ils ne le regrettent pas. « Notre maigre consolation est d'avoir économisé 500 euros par hectare, de mise en culture et de récolte ». Le RGI a été ensilé. Pas de quoi remplir les silos et compenser le manque de maïs. « Par rapport à l'an dernier, le déficit de production fourragère est d'environ 400 tonnes de matière sèche », estime Jean-Luc Madec, sur une surface de 90 hectares d'herbe et de maïs.
Paille et mélasse
La période hivernale ne posera pas de problème. Le stock fourrager (ensilages d'herbe, de maïs et de foin), est évalué à 401 tonnes, au 15 octobre. Les besoins des 140 UGB sont estimés à 250 tonnes, pendant quatre mois, jusqu'au 15 février. Des achats inhabituels de fourrage (compris dans les stocks) et de paille ont été réalisés: 2,5 hectares de maïs chez un voisin (100 euros/tonne de MS, sur pied) et 300 tonnes de paille (blé et colza) à une vingtaine de kilomètres, au nord de Ploemeur.
Le solde du stock sera insuffisant, pour l'ensemble du cheptel, au printemps et surtout pendant les trois mois d'été où la pousse de l'herbe est nulle dans ce secteur de bord de mer. « Nous envisageons d'implanter, au printemps 2011, un maïs à plus faible indice, sur certaines parcelles portantes, pour avancer la date de récolte. Un ensilage en fin d'août permettrait de faciliter la jonction ». La production de céréales fera les frais de l'adaptation aux conséquences de la sécheresse. « Nous implanterons une dizaine d'hectares de dérobées de RGI à la place du blé ». Pour 18 mois, peut-être. Ces parcelles ont l'avantage de pouvoir être pâturées par les vaches (900 mètres de l'étable), au cas où un maïs serait implanté, après dérobée, au mois de mai. « Pas question, ici, de faire une coupe d'ensilage avant un semis de maïs. La culture serait trop pénalisée ». L'implantation d'un colza fourrager avait été envisagée. « Nous n'avons pas trouvé de semence. Le risque de non levée était, de toute manière, important ».
Les génisses et les bœufs subiront, dès cet hiver, les conséquences du manque de maïs, réservé aux laitières. Ils consommeront du mauvais foin et de la paille, imprégnés de mélasse. Jusqu'à 6 mois, les veaux ont de la paille et un aliment anti-coccidien. « Ils  consomment très bien dans la mesure où ils n'ont connu que ça ». Les achats de luzerne, un temps envisagés, ont été écartés, en raison du prix.
Faire le quota
Les éleveurs tiennent à faire le quota (535 000 litres). Au moins 95% de la référence, pour ne pas être pénalisés en cas d'attribution gratuite supplémentaire. « Nous nous recentrons sur la production laitière, au détriment de la production de viande ». Les veaux mâles, élevés pour en faire des bœufs, ne sont plus sevrés depuis avril dernier. L'effectif devrait passer de 140 à 120 UGB. Un réajustement, après quelques années exceptionnelles en production fourragère, qui avaient incité les éleveurs a  pousser le chargement.
La betterave a fait son apparition l'an dernier dans l'assolement (2 hectares). Une culture dont le rendement ne sera pas affecté par le manque d'eau. La pousse de l'herbe automnale est appréciable sur les parcelles en RGA-trèfle blanc. « Nous espérons une production d'1,5 tonne d'ici à décembre sur les 30 hectares accessibles de l'exploitation ». 45 tonnes de matière sèche pâturées, au total, qui épargnerons un peu le stock fourrager. A l'avenir, les éleveurs pourraient introduire de nouvelles espèces, pour sécuriser les rendements. La culture du sorgho sucrier est une éventualité. A condition que les essais réalisés par d'autres agriculteurs, dans la région, donnent satisfaction.
Bernard Laurent


 


Photo : Le GVA de Lorient-Pont Scorff et la Chambre d'agriculture invitaient les éleveurs, mardi dernier, à débattre des moyens de faire face aux conséquences de la sécheresse, au Gaec du Rhun, à Ploemeur. Le groupe, dans une parcelle de betteraves, qui n'a pas trop souffert du manque d'eau.








Le Gaec du Rhun en bref

- 535 000 litres de quota
- 80 vaches et la suite
- Veaux mâles élevés (boeufs) jusqu'à avril 2010
- 140 UGB
- 100 hectares de SAU
dont
•30 ha de maïs
•6 ha de céréales autoconsommées (25 ha auparavant, vendues en majorité)
•2 ha de betteraves
•62 ha d'herbe (dont 30 facilement accessibles)
•2 UTH



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Date de l'article : semaine du N° du 15 au 21 Octobre 2010
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